Les parquetiers en grève depuis avril pour exiger de meilleures conditions de travail

Publié le 2022-06-22 | lenouvelliste.com

Les substituts commissaires du gouvernement, regroupés au sein du Collectif des magistrats debout d’Haïti (COMADH), observent un arrêt de travail depuis fin avril 2022 dans le but de réclamer de meilleures conditions de travail au sein de l’appareil judiciaire. Contacté par Le Nouvelliste, Me Fatilnor Patrick Douyon, président de cette structure, a justifié la décision de ses collègues d’entrer en grève à cause du refus des autorités de satisfaire à leurs revendications. « En décembre 2020, nous avons levé notre première grève parce que le ministre de l’époque avait promis de satisfaire à nos demandes. En 2021, le pays a connu un autre gouvernement. Nous avons adressé des correspondances au Premier ministre et au ministre de la Justice. Nous avons reçu la réponse du PM en janvier 2022 alors que c’est silence radio de la part du ministre de la Justice. Au lieu de chercher à nous rencontrer, il a tenté de nous approcher par personne interposée. Nous avons donc pris la décision d’observer cet arrêt de travail le 25 avril afin de contraindre le gouvernement à assumer ses responsabilités », a expliqué Me Douyon.

Les parquetiers, appelés également magistrats debout, exigent notamment l’application de la loi du 27 novembre 2007 qui leur accorde le statut de magistrat. De plus, ils dénoncent un traitement discriminatoire à leur encontre, à la différence des juges de siège. « Nous n’avons que notre salaire de misère. Nous n’avons pas droit à une carte de débit, aux bons de carburant ou encore à la carte de recharge téléphonique. Les forces obscures et politiques au sein du ministère nous empêchent de bénéficier du statut de magistrat que nous accorde la loi de 2007. Voilà pourquoi les nominations des parquetiers se font en dehors des normes », a dénoncé l’homme de loi.

Le commissaire dit reconnaitre que cet arrêt de travail n’a aucun impact sur les juridictions de Port-au-Prince et de Croix-des-Bouquets, perturbées par l’action des gangs. Cependant, il affirme que le mot d’ordre est respecté dans les autres parquets. « Il n’y a audience ni assises criminelles. Nous reprendrons les activités quand le ministère de la Justice aura décidé de mettre en application les dispositions de la loi de novembre 2007 en ce qui concerne les parquetiers », a-t-il soutenu.



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