Continuer à défendre ses positions

Publié le 2022-06-03 | lenouvelliste.com

Les attaques contre moi, Magali Comeau Denis, quelques autres, sur les réseaux sociaux ne sont pas étonnantes et méritent, sinon des réponses, du moins une analyse. Elles sont le nom de quelque chose et participent d’une stratégie inefficace de disqualification de personnes ou personnalités considérées comme porte-parole et adversaires. Me voilà par exemple mauvais écrivain, jaloux du succès de tel, sinistre, pinailleur…

Bon, que se cache-t-il derrière la blague ? Qui se cache derrière des attaques anonymes contre des gens connus pour leur franc-parler ?

Nous sommes quelques-uns à dire à voix haute ce que le peuple dit dans sa majorité : la nécessité de rassembler les forces progressistes pour orienter ce pays vers plus de justice sociale et d’équité citoyenne ; l’impossibilité de réaliser ce changement dans la continuité PHTK ; un regard critique à avoir sur le comportement des puissances occidentales et institutions internationales concernant Haïti, puisque leurs diktats et positions s’inscrivent dans la logique de continuité.

Nous sommes quelques-uns et plus que quelques-uns. Ce discours, nombreux sont les gens qui le tiennent, qui le partagent. Ce sont ces voix que l’on veut étouffer. Toutes ces voix, en ciblant quelques-unes en croyant que la calomnie pourrait les atteindre ou les effrayer.

On l’a dit tant de fois : la politique, l’art sont des terrains favoris de la polémique. Au sens où s’y exposent des positions contraires, parfois irréconciliables. En d’autres temps, le prix à payer pour ses convictions, c’était l’exil, l’emprisonnement ou la mort. Le prix à payer aujourd’hui, c’est que tel à qui l’on n’a pas forcément envie de serrer la main ne vous serre plus la main, que tel autre vous invente des histoires d’amour ou de c…, que tel autre encore s’attaque à votre physique, essaye de détourner vos propos ou vous accuse de toutes les pratiques sordides dont lui-même est coupable. Injures et faussetés auxquelles personne à part leurs auteurs ne prête attention : calomnies epi…anyen.

 L’heure n’est pas aux attaques anonymes ni aux querelles individuelles. Parlons plutôt ouvertement du général, du pays. Assumons nos positions. Pour moi, les urgences demeurent de mettre en place des stratégies de rassemblement pour arriver au nécessaire changement historique, de réaffirmer ses convictions et sa confiance dans un pays qui redeviendra forcément maître de lui-même. Et de faire connaître aux sociétés civiles étrangères ce qui se passe en Haïti : la continuité du faux-semblant, les institutions détruites, l’utilisation politique du banditisme, la corruption, l’impasse politique de l’alliance international-PHTK, le droit à la vraie démocratie d’un peuple martyrisé et humilié.

Consacrer son temps, son énergie à cela. Avoir le courage de ne céder ni à la hargne ni à l’opportunisme. Plus les positions seront opposées, plus les attaques se multiplieront. Et puis ? Elles prendront des formes multiples. Mais le camp de la démocratie réelle a en sa faveur l’arme du bon sens : qui s’enrichit à faire quoi ? Qui donne son soutien à quoi ? Qui a une longue histoire de pratiques douteuses et qui est connu autrement dans sa vie publique et professionnelle ? Qui risque quoi et pourquoi ?

Les progressistes de ce pays, surtout ceux qui jouissent d’une certaine notoriété, ont pour obligation de dire… et de laisser dire. J’ai le souvenir d’une vieille dame morte vierge qu’à l’occasion d’une querelle une voisine avait une fois traitée de prostituée. Elle s’en était offusquée jusqu’à ce que sa sœur la réconcilie avec elle-même en lui disant : mais que veux-tu qu’elle te dise sinon des mots méchants dans le cadre d’une querelle !

Tirez, messieurs et dames, tirez…

Nous, nous continuerons de défendre nos convictions. Nous le devons à la jeunesse qui écoute et regarde qui fait quoi, qui dit quoi.



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