En attendant le Sommet des Amériques, les montagnes Henry et Denis se rencontrent

Publié le 2022-05-11 | lenouvelliste.com

Il est déjà arrivé dans le passé qu’une réunion internationale débouche sur des changements en Haïti. 

En janvier 1962, à la conférence de Punta del Este, en Uruguay, Haïti vote l’exclusion de Cuba de l’OEA. En s’alignant sur la position américaine, Duvalier va recueillir des dividendes de son vote pendant des années. Certains croient que son accession à la présidence à vie (1963), l’actuel aéroport international Toussaint Louverture (anciennement nommé François Duvalier) (1965) et même la transmission sans heurt du pouvoir à son fils, Jean Claude Duvalier (1971), ont pris naissance de cet alignement sur les vœux américains.

D’ici un mois, se tiendra en Californie, le Sommet des Amériques à l’initiative des États-Unis. Alors que certains pays du continent rechignent à prendre ouvertement partie pour les points de vue américains sur la guerre en Ukraine ou sur l’avenir de la démocratie, Haïti a une petite fenêtre pour tirer son épingle du jeu.

Toute la question est de savoir quelle partie d’Haïti peut sortir gagnante de la situation ?

Le premier ministre Ariel Henry et son gouvernement ?

Un nouveau gouvernement issu d’un accord entre les différents groupes propriétaires d’accords ?

Ou Haïti lui-même qui cherche des solutions à ses problèmes de gouvernance, de sécurité et de financement ?

Du sommet peut sortir un renforcement de l’équipe, quelle qu’elle soit, qui représentera Haïti. Une photo avec Joe Biden vaudra son pesant d’or.

Une nouvelle équipe, qui se fera intronisée sur le plus beau des autels, ointe en Californie de l’huile sainte de la démocratie, aura un mandat fort.

Haïti, s’il est bien représenté par l’une ou l’autre des parties, pourra espérer un peu d’oxygène.

Bien entendu, il faudra aux uns et aux autres une volonté, un plan, des objectifs, une figure à la Zelinsky pour porter le message-pays et capter l’attention des autres leaders du continent.

En attendant, on se demande si la rencontre en tête-à-tête de ce mercredi 11 mai 2022, entre le premier ministre Ariel Henry et Magalie Comeau Denis, principale responsable de l’accord de Montana, ne s’inscrit pas dans la perspective du Sommet des Amériques ?

Les deux montagnes qui s'ignorent depuis des mois, se sont rapprochées faisant mentir l’adage qui laisse croire que seules les personnes peuvent se rencontrer.

Ariel Henry ne peut pas se présenter au Sommet sur la démocratie dans son état actuel et sans bilan sur la seule question qu’on lui demande de résoudre. Montana et tous les opposants n’ont aucun intérêt à rater le rendez-vous de Californie en fortifiant leur refus de tout dialogue.

Le pays Haïti sera-t-il représenté par une tête unique, par une tête unifiée ou mal représenté comme c’est le cas depuis des années ? 

L’avenir le dira. 

Des fois les sommets, conférences et rencontres internationales débouchent sur des avancées, des fois les montagnes n’accouchent même pas d’une fourni.



Réagir à cet article