Crise politique/Dialogue/Impasse

Montana-PEN, Primature, Louisiane… les accords avancent en mode dispersé

Alors que de plus en plus de voix en Haïti et dans la communauté internationale s’élèvent pour demander aux signataires des différents accords politiques de trouver un consensus pour sortir le pays de la crise politique, les protagonistes avancent séparément dans la mise en application de leur plan. Montana-PEN, Primature, Louisiane… tout le monde avance en mode dispersé.

Publié le 2022-01-27 | lenouvelliste.com

Ce week-end, les 44 membres du Conseil national de transition (CNT) de l’accord de Montana vont organiser des élections pour élire un président entre Fritz Alphonse Jean et Edgard Leblanc Fils, un Premier ministre entre Steven Benoît, Bonivert Claude, Jean Hénold Buteau et Iswick Théophin.  « Après ces élections, PEN désignera un deuxième membre, nous allons écrire à Ariel Henry pour lui demander de désigner un membre émanant des signataires de son accord ; d’autres organisations de la société civile vont désigner les deux autres membres pour former le collège présidentiel de cinq membres », a expliqué jeudi sur  Magik9 Jacques Ted Saint-Dic, un des responsables du Bureau de suivi de l’accord de Montana.

« Après quoi, nous irons vers l’installation d’un gouvernement de transition avec un Premier ministre qui sortira de Montana et le collectif des cinq membres du collège présidentiel », a-t-il fait savoir. Si Ariel Henry refuse de quitter le pouvoir « le pays en décidera… », a ajouté Monsieur Saint-Dic.

Pour Jacques Ted-Saint-Dic, les démarches du Premier ministre Ariel Henry sont en dehors de tout cadre consensuel. Il a souligné que l’accord de Montana reste ouvert à tous ceux qui veulent s’engager pour changer le pays. L’organisation politique GREH dirigée par le colonel Himmler Rébu a signé, la semaine dernière, le consensus politique entre le PEN et l’accord de Montana.

D’un autre côté, les membres du Protocole d’entente nationale (PEN) multiplient les rencontres en vue de choisir leur représentant au sein du collège présidentiel de cinq membres. « Nous avons déjà réalisé deux assemblées sur le choix. Nous aurons une dernière assemblée ce week-end. Si ça marche, on respectera le même délai que celui de l’accord de Montana pour le choix de PEN », a confié au Nouvelliste l’ancien sénateur Youri Latortue, responsable de AAA, membre du PEN et signataire du consensus.

Les représentants des 70 organisations politiques et sociales membres de PEN sont en consultation pour le choix de leur membre au collège présidentiel, a indiqué au Nouvelliste l’ancien député Antoine Rodon Bien-Aimé, responsable du FND, membre du PEN et signataire du consensus politique. Plusieurs personnes ont déjà manifesté leur volonté de se porter candidat, a-t-il souligné.

Depuis environ deux semaines, à l’initiative de plusieurs organisations de la diaspora, des signataires de plusieurs accords politiques lors d’un sommet en Louisiane avaient fait choix de Fritz Alphonse Jean comme président de la transition. Cependant l’ancien député Jean Wilson Hyppolite, porte-parole de l’ensemble de ces organisations  signataires de l’accord de Louisiane, a indiqué au Nouvelliste que ce choix n’est pas définitif. «  Les membres des neuf accords réunis à Louisiane pour devenir un seul accord savent qu’ils  ne peuvent pas seuls former un gouvernement de transition. On doit trouver une solution définitive avec tous les autres accords », a-t-il admis.

Parallèlement à toutes ces initiatives, le Premier ministre Ariel Henry s’inscrit dans un tout autre registre avec des perspectives totalement différentes.  « Le prochain locataire du palais national sera un président élu librement et démocratiquement par la majorité du peuple haïtien », avait réaffirmé lundi le Premier ministre lors de l’installation d’Emmelie Prophète à la tête du ministère de la Culture et de la Communication la semaine écoulée. Une façon pour Ariel Henry de rappeler aux protagonistes des autres accords qui plaident pour un pouvoir avec un président de la République et un Premier ministre qu’il n’y aura pas de chef de l’Etat durant la période de la transition.

« L’instabilité politique nous a déjà coûté trop cher. Il est du devoir de tous les démocrates haïtiens de laisser de côté leurs ambitions partisanes immédiates et de mettre le cap sur la création d’un environnement sûr et stable propice à la relance des activités économiques et à l’organisation des élections », avait soutenu le chef de la Primature.

Pour Ariel Henry, « c’est pratiquement certain que d’ici au 7 février nous aurons une Assemblée constituante et un Conseil électoral provisoire », avait déclaré mardi le Premier ministre, qui répondait à une invitation du Sénat. « Pour moi, avant l’été on aura une nouvelle Constitution qui nous permettra d’organiser les élections afin d’avoir de nouveaux élus qui prennent en charge l’Etat haïtien. Trois mois après la mise en place de l’Assemblée constituante, il devrait y avoir les élections pour adopter ou rejeter cette nouvelle constitution proposée par l’Assemblée constituante », a promis Ariel Henry.

« Je suis déterminé à ce que le plus rapidement possible nous retournions à un fonctionnement normal de nos institutions », a ajouté le numéro un de la Primature.



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