Accords et sommets se suivent, la situation d’Haïti se détériore

Publié le 2022-01-14 | lenouvelliste.com

Les médecins se succèdent au chevet d’Haïti, mais son état de santé continue de se détériorer.

Ces dernières années, on ne compte plus les visites d’autorités étrangères à Port-au-Prince, les tête-à-tête entre des chefs d’Etat de la région sur le cas d’Haïti, les forums internationaux, et, depuis un certain temps, les accords inter-Haïtiens en vue de la résolution de la crise.

Il y a eu récemment le sommet virtuel de haut niveau convoqué par les Etats-Unis sur la crise haïtienne. Avant, il y a eu en septembre dernier, à l’occasion de la 76e session de l'Assemblée générale de l’ONU, à l’initiative de la République dominicaine, la mise en place de l'Alliance pour le renforcement de l'institutionnalité démocratique réunissant le Costa Rica, le Panama et la République dominicaine en vue d’une solution à la crise haïtienne. Depuis, on ne sait pas ce que devient cette initiative.

Entre-temps, il y a eu l’Accord de Montana, celui de la Primature et l’Accord PEN ainsi qu'une kyrielle d’autres petits accords, de minisommets et bien d’autres initiatives en vue d’un dénouement de la crise.

En dépit de tout, personne n’a l'impression qu’Haïti est sur la bonne voie. Les problèmes qui entravent le quotidien des Haïtiens restent entiers. Les bandits continuent d’opérer sans être inquiétés. La misère se renforce. L’avenir n’a jamais été aussi incertain pour les Haïtiens.

Le Premier ministre Ariel Henry, en charge de la barque du pays depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, peine à tenir ses promesses d’améliorer les conditions de vie de la population, notamment en combattant le kidnapping. Le gouvernement a été en retraite cette semaine pour chercher de l’inspiration. Des annonces ont été faites après la retraite. Faut-il y croire après toutes les promesses non tenues?

Parallèlement à la retraite gouvernementale, des organisations de la diaspora organisent le Sommet de l’unité haïtienne en Louisiane, aux Etats-Unis. Les initiateurs de ce mouvement reconnaissent que le sommet devrait se tenir en Haïti, mais que l’insécurité les oblige à faire autrement. Ce sommet tente le pari de fusionner en un seul accord sept accords sur la résolution de la crise haïtienne. Vont-ils y arriver ? Attendons la fin du sommet pour avoir la réponse.

Il est trop tôt pour dire si cette initiative peut déboucher sur une solution à la crise, mais on doit l'espérer. Il est de bonne guerre que des Haïtiens se mettent ensemble pour discuter de l’avenir du pays. Peut-être qu'ils inspireront d’autres porteurs d’accords.

L’heure est grave. La communauté internationale, même avec la meilleure volonté du monde, ne pourra rien dans la crise haïtienne si les Haïtiens ne manifestent pas la volonté de la résoudre. Cette volonté doit se manifester à travers un large compromis, non à travers un petit accord dans la poche de chaque personnalité. Les organisations de la diaspora s’en sont-elles rendu compte ?

Attendons la fin du sommet pour voir si nous sommes au début de la résolution de la crise ou si on s’y enfonce un peu plus avec un accord manqué sur les accords.



Réagir à cet article