Ariel Henry prend la main

Publié le 2021-11-24 | lenouvelliste.com

Le premier ministre a changé huit ministres de son cabinet. Pas des moindres. Des politiques et des techniciens s’en vont. Ariel Henry mis à part, il ne reste dans le nouveau cabinet qu’un seul ministre choisi par le président Moïse : celui de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert.

Le départ le plus marquant est celui de Claude Joseph, ministre des Affaires étrangères et des Cultes et ancien premier ministre intérimaire du président Jovenel Moïse, qui après son décès, Ariel Henry n’étant pas encore investi dans ses fonctions, s’était positionné comme la seule voix légitime jusqu’à ce que le Core group tranche en sa défaveur.

Depuis quelques semaines le torchon brulait entre le ministre des Affaires étrangères et le chef du gouvernement. Les relations entre Haïti et la République dominicaine et des déclarations du chancelier étaient au cœur du différend. Il y avait deux coqs dans la bassecour, le premier ministre a tranché.

Avec son nouveau gouvernement, une nouvelle fois de 18 membres, le premier ministre garde la même architecture gouvernementale que certains estiment ne pas convenir à notre situation actuelle. Faute de moyens et de projets, il y a des ministères qui ne sont d’aucune utilité.

Cela dit, Ariel Henry prend la main. Il se sépare de certains proches du défunt président, de l’ex-président Michel Martelly et de partis politiques qui avaient accouru au chevet du pouvoir en juillet dernier. Quatre mois après son installation, avec ce deuxième gouvernement, Henry est à la barre.

Le premier ministre manie cependant le changement avec prudence. Il continue de materner les forces en présence tout en ouvrant le cabinet à de nouveaux alliés signataires de l’accord du 11 septembre. Il revient avec d’anciens ministres expérimentés et des têtes que l’on découvre pour la première fois au sommet de l’État.

Ce nouveau gouvernement, en attendant les réactions des absents, devra se colleter à l’insécurité et relever le défi de l’ajustement des prix des carburants. Il a un nouveau budget à préparer et devra donner corps au relèvement post-séisme du grand Sud mis sur le papier par le ministre sortant Dieuseul Simon Desras avec le PDNA présenté cette semaine.

Le premier ministre Ariel Henry a pris son temps pour changer de gouvernement. On verra dans les jours et semaines à venir s’il a bien dosé la métamorphose ou s’il fait un saut dans l’inconnu. Le pays est impatient de voir à l’œuvre les nouveaux venus et le fonctionnement du nouvel attelage.



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