Seul le MENFP semble être au courant de la rentrée des classes dans trois semaines

Publié le 2022-08-12 | lenouvelliste.com

Le ministère de l’Education et de la Formation professionnelle (MENFP) fait du bruit autour de la rentrée des classes fixée au 5 septembre 2022. Entre la communication parfois à outrance sur le "Livre unique" en créole pour les classes de première et de deuxième année fondamentale, le baccalauréat technique et les forums quotidiens, le ministre Nesmy Manigat et les cadres du MENFP n’ont pas de temps à perdre. En termes de communication, tout porte à croire qu’ils préparent à leur manière la rentrée des classes pour l’année 2022-2023.

Cependant, en dehors des canaux de communication de masse – réseaux sociaux, médias traditionnels, –  on se demande si le pays est effectivement à trois semaines de la rentrée des classes. On pourrait aussi se demander si après le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle les autres instances du gouvernement en sont au courant. Tout va clairement pour le pire dans tous les domaines dans le pays. La dévaluation accélérée quotidienne de la gourde précipite encore plus des familles dans la pauvreté, voire la pauvreté extrême pour celles qui y pataugeaient déjà. Les chiffres sur l’insécurité alimentaire sont alarmants. Avec l’augmentation quotidienne des prix des produits de première nécessité, le pouvoir d’achat des uns et des autres diminue.

Comme si la décote de la gourde ne suffisait pas, la crise des produits pétroliers sur le marché persiste. Il devient évident que la vente de ces produits dans les rues est la nouvelle norme. A Port-au-Prince, il n’y a même pas de tentative pour stopper cette dérive qui traduit l’inexistence de nos institutions, notamment le ministère du Commerce et de l’Industrie. L’inaction de la police, de la justice, du ministère du Commerce pour mettre fin au commerce illicite des produits pétroliers nous confirme que le gouvernement ne se soucie guère du sort de la population. Peut-être que les autorités travaillent sur un plan pour remédier à la situation avant la réouverture des classes. Sinon, les mathématiciens peuvent commencer à calculer ce que coûtera le transport aux parents.

L’état de délabrement des routes dans la zone métropolitaine est aussi une autre préoccupation par rapport à la réouverture des classes. On se demande avec raison si le ministère des Travaux publics existe encore. On pourra se poser cette même question pour les mairies et le Service national de gestion de résidus solides (SNGRS), ci-devant SMCRS tant les rues sont encombrées de déchets. On ne sait jamais, il peut toujours avoir un miracle à l’occasion de la réouverture des classes.

Quant à l’insécurité, elle reste un souci majeur pour la population. Comme pour l’année académique écoulée, il parait que les écoles vont devoir s’accommoder avec. Ce qui signifie que des établissements scolaires vont garder leurs portes fermées ou déménager des zones prises en otage par les gangs. Sauf si la police nationale tient enfin sa promesse de les déloger.

A trois semaines de la rentrée des classes, il est évident que le gouvernement a la tête ailleurs. Trois semaines, c’est beaucoup pour nos autorités qui n’ont pas la notion du temps. 



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