C’est maintenant qu’il faut être à la hauteur

Publié le 2021-08-10 | lenouvelliste.com

Dans le lot de ceux qui s’attendent à occuper les postes autrefois prestigieux de maire, député, sénateur, président de la République, il en est qui savent qu’ils ne peuvent le (re)devenir  que dans des circonstances néfastes pour la nation, portés par la magouille, la corruption et des « élections » à la pointe du fusil. On se souvient des conditions dans lesquelles ont été « élus » les hommes de la bande à B… et de législatures aux allures de cavernes. Il y a ceux, comme hier, qui ne réclament qu’une parodie. Après tout, qu’importe le vote populaire.

Mais tous les élus d’hier n’ont pas fait honte à leur fonction. Et on ne peut croire que tous ceux qui entendent postuler à des postes électifs sont nourris par de mauvaises intentions. Ceux-là, il convient que, dès aujourd’hui, ils commencent à tout faire pour mériter ce vote. Ils risquent la huée, le ridicule, le mépris, l’indifférence. Le peuple a mûri. Une preuve en est qu’hier on aurait facilement concocté une solution de continuité, tenant à la fois du faux-semblant et du pis-aller et que la chose serait passée. Aujourd’hui, on ne peut lui imposer du n’importe quoi, et sa radicalisation est un élément dont il faut tenir compte.

Il a conscience de ses conditions d’existence, de ses droits, et il fonctionne comme une cellule de veille qui observe, note, prend acte, prêt à agir en conséquence. En politique, pour le tricheur, les choses se compliquent quand les peuples ouvrent les yeux et refusent d’oublier.

Pour qui voudrait être élu demain, c’est maintenant qu’il faut être à la hauteur. Cela implique de contribuer à trouver une solution à la crise politique immédiate, une solution imparfaite mais acceptable pour la majorité. Cela implique aussi de démontrer que l’on a conscience de l’horreur des conditions d’existence de la majorité, de l’horreur de la violence que subissent des quartiers, des localités. Certains « leaders » politiques sont soudain bien silencieux, trop silencieux sur ce qui se passe à Martissant, sur le pain rare, les services de santé aux odeurs de porcherie, les problèmes concrets des gens. Quid de PetroCaribe, des massacres ? Tout le monde est beau, tout le monde est gentil, ne parlons plus que de pouvoir… Cela ne peut pas marcher. Comme l’on ne peut non plus exiger du pouvoir de transition qu’il faudra mettre en place de tout résoudre… au préalable. Fermeté dans la lucidité. Intérêt pour la condition de la majorité. Dénonciation de toutes les formes d’exactions. Solidarité avec les victimes… Ce sont des choses qui vont compter plus tard.

Et aussi montrer qu’on a l’intelligence de la réalité, une lecture claire des problèmes et des propositions élaborées. Et des voix pour porter ces propositions. Pas les voix de ceux qui ont déjà tout trahi, tout dit, se contredisant sans honte d’un pouvoir à l’autre. Les élections, certes, il faut lutter pour qu’elles se tiennent un jour, mais il faudra aussi que les candidats méritent le déplacement.



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