Des Capois marchent pour exiger justice pour le président Jovenel Moïse

Publié le 2021-07-26 | lenouvelliste.com

Quelques centaines de partisans du président Jovenel Moïse ont marché pacifiquement, jeudi 22 juillet, au Cap-Haïtien. Organisée par la mairie de la ville et la délégation départementale, cette initiative visait à exiger justice pour le président assassiné en sa résidence le 7 juillet dernier. La marche a démarré à 11h10 a.m. devant les locaux de la mairie pour prendre fin plus de deux heures plus tard à Vertières. 

La plupart des participants portaient des t-shirts blancs, sponsorisés par l’Office national d'assurance-vieillesse (ONA), et sur lesquels étaient imprimés des messages d’amour et d’attachement au président défunt. L’assassinat du président Moïse a ravivé les contentieux historiques mulâtres/nègres, gens du Nord/ gens du Sud et de l’Ouest. « Je ne suis pas un supporteur de Jovenel Moïse. Je suis un citoyen du Cap-Haïtien. Nous, dans le Nord, nous avons perdu 5 présidents dans les mêmes conditions. Cela doit cesser. Il faut envoyer une mise en garde aux citoyens de l’Ouest et du Sud. Voilà  pourquoi  je participe à la marche d’aujourd’hui », a déclaré Ernst Romain, un quinquagénaire.

Les tortures infligées au président de la République et l’état de son cadavre sont également interprétés par les manifestants. « On lui a crevé un œil parce qu’il voulait nous éclairer. On lui a cassé un bras parce qu’il voulait nous aider. Il a été assassiné parce qu’il luttait pour le peuple », a lâché Rose-Marie, alors que la marche se trouvait à la rue L. 

La mairesse du Cap-Haïtien, Yverose Pierre, a dit observer le travail de la police dans l’enquête sur l’assassinat du président. Cependant la mairesse a dit croire que le plus important, c’est de remonter aux commanditaires de l’acte. « Il faut trouver les auteurs intellectuels. C’est ce qui nous intéresse. Il n’y aura pas de justice si l'on ne remonte pas aux auteurs intellectuels », a estimé la mairesse.

Pour sa part, l’ancien sénateur Nawoon Marcellus a affirmé que justice peut être rendue au président Moïse et à sa famille. « S’il y a une volonté politique, les institutions nationales peuvent mener l’enquête », a-t-il avancé. 

La marche s’est terminée sur la place des héros de l’indépendance à Vertières. Des barricades de pneus enflammés ont été érigées dans certains endroits dans la ville en marge de la manifestation. La situation a été particulièrement tendue au centre-ville, notamment sur le boulevard Carénage. Des individus ont lancé des pierres en direction de plusieurs véhicules transportant des officiels haïtiens et des diplomates étrangers. Un restaurant très célèbre au centre-ville a aussi été visé par des jets de pierres.



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