Cap-Haïtien, funérailles de Jovenel Moïse, la colère gronde 

Publié le 2021-07-21 | lenouvelliste.com

La route nationale numéro 6 a été obstruée ce mercredi à Lattanerie, une localité située non loin de la Grande-Rivière du Nord. Furieux, les riverains ont placé des containers au travers de la route pour protester contre l’assassinat du président Jovenel Moïse. Un barrage est en construction sur la rivière bordant ce tronçon. Les gens s’inquiètent de la suspension des travaux à cause de la disparition brutale du chef de l’État qui n’avait jamais caché son attachement aux coins reculés du pays. « L’assassinat du président Jovenel Moïse ne peut pas rester impuni. Il ne doit pas être enterré tant qu’il n’obtient pas justice. À partir de ce mercredi, il est interdit aux véhicules d’emprunter cette route, à l’exception des véhicules de police, des ambulances et des camions de pompiers », peut-on lire sur une pancarte.

Après de longues minutes d’attente, les usagers qui ont voulu se rendre coûte que coûte au Cap-Haïtien ont dû se résigner à regagner le lit de la rivière pour atteindre Limonade. Avant de reprendre la route nationale pour finalement atteindre la deuxième ville du pays. Au Cap-Haïtien, le directeur général de la Police nationale d'Haïti (PNH), Léon Charles, a été conspué par des passants et curieux qui se trouvaient sur la place d’arme. Le numéro un de l'institution policière quittait l’hôtel de ville pour se rendre dans les locaux de la délégation du Nord quand il a reçu sa brochette d’insultes. 

Devant l’hôtel de ville, un registre de condoléances est ouvert depuis 10h a.m. Des hommes et des femmes, toute catégorie sociale confondue, des enfants, des adolescents, des jeunes se sont empressés d'inscrire dans ledit registre leur nom. Chacun a écrit son mot de sympathie pour le président Moïse et pour sa famille. Des curieux sont remarqués sur la place d’Armes. Parmi la foule, des lamentations, des soupirs, mais aussi des paroles acerbes sont entendues. « Ils l’ont assassiné, parce qu’il défendait les plus faibles », « Les hommes de Port-au-Prince ont assassiné notre président », pouvait-on entendre. 

Des propos qui font écho à la mairie du Cap-Haïtien. « C’est le  cinquième président originaire du Nord à être assassiné. Cela dit beaucoup pour les gens du Nord. Ce n’est pas un hasard. Pour moi, l’assassinat du président est l’assassinat d’Haïti, de tous les nègres comme moi, de tous les fils de paysans, de tous les oubliés. C’est une lutte de classe », estime la mairesse.

Une messe d’hommage suivie d’une marche pacifique sont prévus ce jeudi 22 juillet. Selon la mairie de Cap-Haïtien, ces initiatives visent à saluer le départ du président Moïse et pour exiger justice. La ville se revêt de son manteau gris de la nuit alors que des observateurs, attentifs à cette colère qui y gronde, craignent des débordements le lendemain du jeudi par des gens provenant de Trou-du-Nord, la ville natale du président Moïse, qui comptent également prendre part à la marche. 



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