Assassinat de Jovenel Moïse: Christian Emmanuel Sanon, un suspect haïtien interpellé

Publié le 2021-07-12 | lenouvelliste.com

Le directeur général de la Police nationale d'Haïti (PNH), Léon Charles, a donné des nouvelles sur les enquêtes administrative et criminelle concernant l’assassinat du président Jovenel Moïse. En ce qui concerne l’enquête administrative, menée par l’Inspection générale de l'institution policière, le directeur général a.i. a indiqué que des mesures conservatoires ont été prises contre les responsables des différentes unités chargées de la sécurité du président. « Nous continuons d’enquêter sur le degré d’implication de chacune de ces entités », a fait savoir Léon Charles.

Le directeur général de la PNH a souligné qu’on est dans une phase très avancée dans l’enquête judiciaire. Léon Charles a indiqué que 18 mercenaires colombiens et 3 Haïtiens (parmi lesquels 2 Haïtiano-Américains) ont été interpellés dans le cadre de l’enquête. Christian Emmanuel Sanon, 63 ans, a été arrêté récemment. « Il est entré en Haïti à bord d’un avion privé avec des objectifs politiques selon les informations dont nous disposons. Il avait contacté une firme d’investigation afin de recruter les mercenaires que nous avions mentionnés. Il est entré en Haïti début juin. Il était accompagné de certains des mercenaires qui, dans un premier temps, devaient assurer sa sécurité comme président et celle de son entreprise. La mission a été modifiée quand on a présenté à l’un des assaillants un mandat d’amener visant le président. L’opération a été planifiée à partir de ce mandat. Christian Emmanuel Sanon était en contact avec une compagnie vénézuélienne spécialisée dans la sécurité, basée aux États-Unis. Il a été contacté par les mercenaires quand la PNH avait bloqué la progression des mercenaires colombiens qui venaient de perpétrer le crime. Christian Emmanuel Sanon a contacté deux autres personnes en retour. Ces personnes sont reconnues comme auteurs intellectuels de l’assassinat de Jovenel Moïse », a ajouté le DG de la PNH. 

Léon Charles a révélé que la police a trouvé du matériel compromettant dans la résidence de Christian Emmanuel Sanon. « Nous avons trouvé une casquette estampillée DEA, 6 étuis pour fusils et des pistolets, une vingtaine de boîtes de cartouches, 4 plaques d’immatriculation de la République dominicaine, des chargeurs de pistolets non garnis, 24 cibles de tirs non utilisés, 2 véhicules et des correspondances adressées à des secteurs dans le pays », a détaillé Léon Charles. 

Par ailleurs, le numéro un de la PNH a indiqué que l'institution était en train de collecter des informations relatives à l’assassinat du président Jovenel Moïse grâce à une collaboration avec une délégation de haut niveau du gouvernement de la Colombie. « Nous voulons savoir quand ces mercenaires ont quitté la Colombie, qui les ont financés, avec qui ils ont été en contact... La police est déterminée et avance à pas sûr sur les auteurs intellectuels. Nous avons entre nos mains une bonne partie des criminels », a indiqué le DG de la PNH. 

Pour sa part, le Premier ministre Claude Joseph a remercié les acteurs de la communauté internationale qui ont manifesté leurs sympathies envers Haïti. M Joseph a en outre indiqué que la première dame Martine Moïse, blessée par balle au cours de l’attaque visant le président Jovenel Moïse, se porte bien. « Ce gouvernement intérimaire a pris charge après l’assassinat du président. Notre principale préoccupation est le résultat de l’enquête sur l’assassinat du président. Il faut rendre justice à lui, à sa famille, à ses alliés et à la nation. L’enquête est notre principale préoccupation. Nous appelons la population au calme. Nous allons faire tout ce qui est possible pour rendre justice au président Jovenel Moïse », a-t-il déclaré, appelant à une concertation des forces vives de la nation à cet effet.

« Nous avons vu les précipitations. Nous allons tout faire pour rendre justice au président, à son épouse, à ses enfants », a-t-il insisté, remerciant les partenaires de la communauté internationale, notamment les États-Unis, qui ont offert leur aide dans l’investigation. 



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