Pour ou contre la machine de mort

Publié le 2021-07-01 | lenouvelliste.com

Elle était vie et dynamisme. Toujours à se porter volontaire. Avec son franc-parler. Ce souci d’en faire davantage. De développer une conscience claire. Agir, prendre position,… Radi, Matris Liberasyon, ses entrevues et émissions… Toujours disponible, bouillonnante de vie. Quatre balles ont mis fin à tout cela. Quatre pour elle, et trois pour le journaliste Diego Charles.

N’en déplaise au chef de « la police », ce n’étaient pas des membres du syndicat de la police qu’elle avait dénoncés comme auteurs de la fusillade sur son domicile en février dernier. C’était le pouvoir de facto. Ce n’était pas le syndicat de la police qu’elle fustigeait, avec la détermination qui fut sienne et en tout bien-fondé, mais le pouvoir de facto comme un pouvoir criminel et assassin.

Nous ne t’oublierons pas Netti.

La machine de mort est lancée depuis longtemps et appelée à tourner encore plus vite dans les semaines et les mois qui suivent.

La répression ne peut qu’augmenter. Les menaces seront exécutées. Il s’agit pour le pouvoir de facto de tout faire pour tenter d’imposer référendum et élections truquées. Il lui faudra tuer des jeunes de trente ans, de vieux militants qui ont passé leur vie à se battre pour un pays plus juste. Il lui faudra d’autres massacres dans les quartiers populaires. Il n’a d’autre choix que d’essayer de « pacifier » par le sang. C’est folie, et la folie des tyrans ne leur garantit pas la victoire contre les peuples debout. Mais, même si l’échec est au bout, il va nous prendre d’autres vies.

Les petits-bourgeois commencent à avoir peur. Si les milieux populaires constituent la cible privilégiée des assassins, le pouvoir de facto pourra de moins en moins faire le tri. Il lui faut la terreur. Que les ordres soient directs, que quelque fou fasse de l’excès de zèle, personne ne peut être assuré que la terreur nécessaire à la folie dictatoriale l’épargnera.

J’ai regardé, pitoyables, des individus desquels on pouvait espérer mieux se présenter comme ministres de ci ou de ça. Que c’est triste. Aujourd’hui, il n’y a pas de ministres, il n’y a que des complices de la machine de mort. Croient-ils qu’il suffit de parler à côté pour ne pas être jugés pour ce qu’ils sont devenus : les visages officiels de la machine de mort ?

Tout honnête homme, toute honnête femme démissionnerait. En disant : non, je ne peux pas assumer. Leurs salaires et leurs privilèges valent-ils à leurs yeux  le sang de ces jeunes, le sang des victimes des massacres ? J’espère pour eux qu’ils n’auront pas d’enfants de l’âge de Marie-Antoinette Duclaire. Ils pourraient les regarder dans les yeux.



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