Lamiral au cœur de la musique traditionnelle haïtienne

Publié le 2021-07-01 | lenouvelliste.com

Après Wake up Planèt, ce world beat qui nous a donné un grand feeling, ce morceau très funky que le public a découvert en avril dernier, Givens François, ce saxophoniste qui a produit l’album « Off we go », pour débuter sa carrière solo en 2015, nous offre Lamiral, cette fois-ci, au cœur de la musique traditionnelle haïtienne. Retenons bien le nom de la musique : « Lamiral » comme on aurait pu parler de l’officier du grade le plus élevé de la marine. 

Lamiral, c’est un mélange d’ibo, de rara avec un arrangement de cuivres excellent qui rend l’atmosphère de la musique enjouée, épicée, pleine de vie et de mouvements qui invitent à la danse.

Lamiral est une musique qui a du corps, parce que Givens François a un corps de musiciens talentueux qui l’accompagne: Daniel Beaubrun, le guitariste, qui, au début des années 90, a fait orienter les projecteurs sur Boukman Eksperyans, le groupe emblématique de la musique racine. Sur ce morceau, Daniel, dit Dadi, le bassiste, joue en quelque sorte le rôle d’arrangeur musical. Il a su adapter Lamiral dans une écriture mélodique qui plait à nos oreilles de pitit lakay.

Le tempo musical, la pulsation de Lamiral est apportée, dans une large mesure, par Milot Eliassaint, le keybordiste du Magnum band, la seule différence. 

Au niveau de l’arrangement des cuivres, Guivens François a fait appel à la compétence technique de Dadou Pasquet. 

La percussion est aussi apportée dans Lamiral avec Ticot Pasquet à la batterie. Elle se déploie aussi, cette percussion, avec Marcus Schwartz, cet artiste américain qui joue nos rythmes traditionnels comme n’importe quel initié de nos lakou. 

Pour mettre aussi de la couleur dans cette atmosphère ibo-rara, la trompette de l’Haïtiano-Américain Jean Caze s’exprime. Dans Lamiral, il a insufflé un son doux, riche, très jazzé. C’est ce son recherché qui a construit la réputation de Caze, figure emblématique qui s’est frottée avec Herbie Hancock, Arturo Sandoval, Roberta Flack et Michael Buble.

Givens François a misé sur ce trompettiste. En 2007, Jean Caze avait remporté la deuxième place au concours de jazz « Thelonious Monk International ». On notera qu’il a déjà mis sa touche de trompettiste sur les disques de Réginald Policard, Mushy Widmaier, Emeline Michel, Ralph Millet, Pauline Jean, Sara Rénélik, Djakout #1, pour ne citer que ces stars de la musique haïtienne.

À la chorale, on retrouve sur ce morceau Tinès Salvant, Rachel Dorvil. Tout ce beau monde se réunit en Floride dans le studio de Sylvain Hilaire.

A noter que Givens François, ce natif de Gros-Morne, a déjà une vingtaine d’années aux États-Unis. Il compte revenir dans son pays pour signer « Born again », son nouvel opus et aussi prendre part au festival de jazz de Port-au-Prince.



Réagir à cet article