Pillage à Mache Ti Tony : pertes énormes et absence de la police

Publié le 2021-06-21 | lenouvelliste.com

En dépit de nombreux appels au secours, les forces de l'ordre n'ont rien fait pour empêcher le pillage de Mache Ti Tony et de plusieurs autres entreprises dans la zone de l’ancienne usine de la Hasco à la sortie nord de Port-au-Prince, vendredi et samedi. Les pertes pour Mache Ti Tony et les autres dépôts de produits alimentaires pillés s'élèvent à plusieurs millions de dollars en marchandises et en équipements, selon les premières estimations.

« Pendant toute la semaine, nous avons reçu beaucoup de marchandises. Le dépôt était plein à craquer. Mais la vie de mes agents de sécurité compte plus pour moi que des produits. Après deux heures de résistance, je leur ai demandé de se replier. Un des agents a reçu un projectile à la bouche. Son état est à présent stable », a rapporté au Nouvelliste Anthony Bennett, propriétaire de Mache Ti Tony.

« Le vendredi 18 juin dans l'après-midi, des hommes armés ont ouvert le feu sur la barrière principale de Mache Ti Tony. En plus d'être armés, ils avaient des marteaux et des burins. Ensuite, une trentaine d'individus ont encerclé la zone. Les agents de sécurité ont tiré en l'air dans l'espoir de les dissuader. Ça n'a pas marché. Les hommes armés ont réussi à pénétrer dans l'enceinte de l'entreprise en brisant un mur. Ils ont continué à tirer sur l'entreprise, un de mes agents de sécurité a reçu un projectile à la bouche... », a décrit au journal Anthony Bennett, toujours sous le choc après le pillage de son entreprise.

« On a passé deux heures à appeler la police qui n'est jamais venue nous porter secours. J'ai donc demandé à mes agents de sécurité de se replier, je ne voulais pas mettre leur vie en danger. Leur vie compte beaucoup plus pour moi que des marchandises et des équipements », a affirmé Anthony Bennett, qui n'était pas sur les lieux au moment de l'attaque.

« Certains des individus armés ont envahi l'espace et attaqué d'abord mon bureau. D'autres gens ont commencé à piller le dépôt. Ils m'ont complètement pillé. D'autres entreprises dans la zone ont connu le même sort, » telles Liora Food Kay Zo, a indiqué M. Bennett.

Le pillage s'est poursuivi jusqu'à samedi sans aucune intervention de la police; le passage d'un véhicule blindé n'a pas stoppé le pillage pour autant, a-t-il dénoncé. Pour une première estimation, Anthony Bennett parle de plusieurs millions de dollars de pertes et de 300 employés au chômage.

En plus des marchandises, a ajouté Anthony Bennett, ils ont volé deux camions, deux trailers et d'autres équipements. « Ils ont mis deux jours à piller le dépôt », a-t-il précisé.

Anthony Bennett annonce qu'il va observer une pause pour les évaluations et comprendre ce qui s'est passé. Cependant il n'entend pas baisser les bras. « Nous sommes des travailleurs, c'est ce que nous savons faire », a-t-il affirmé.

Depuis le début du mois de juin, des quartiers à Port-au-Prince et des zones avoisinantes sont tombés totalement sous le contrôle des gangs armés qui imposent un climat de terreur. Visiblement, les forces de l'ordre sont dépassées par la situation. Des dizaines de milliers de gens ont dû fuir les zones de conflit, selon les évaluations des agences spécialisées dans l’aide humanitaire qui leur portent assistance.



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