Septentrional et la sagesse du temps

Le combat de la vie « Va où tu veux, meurs où tu dois », dit le vieil adage.

Islam Louis Etienne
24 mars 2026 — Lecture : 2 min.
Septentrional et la sagesse du temps

L'orchestre Septentrional

Le combat de la vie

« Va où tu veux, meurs où tu dois », dit le vieil adage. Ce conseil peut sembler extravagant pour ceux qui vivent dans l’urgence, obsédés par l’efficacité et les résultats rapides. À force de courir, ils s’essoufflent et se perdent.

Chacun mène le combat de la vie avec les armes dont il dispose. Il n’existe pas de recette universelle de réussite : elle dépend du goût, de la philosophie et des rêves de chacun. Le bonheur n’a pas le même contenu pour tous. Devenir soi-même, c’est refuser d’imiter et creuser sa propre voie. Comme l’affirment les mystiques : c’est la soif qui fait surgir la source.

La patience et la ligne des hanches

Il n’est pas facile de résister au rythme ambiant : la patience est souvent vue comme une résignation, alors qu’elle constitue une mise à l’épreuve du désir. Ulysse, tout près du but, murmure : « Patiente, ô mon cœur ». Dans Septentrional, la patience s’est incarnée dans les musiciens. Jacques Pierre (Boss Pye) fut le premier baryton en 1955, remplacé en 1959 par Roger Jean François, qui anima la ligne des hanches avec Ti Jack et Ulrick Pierre Louis. Ce trio infernal marqua l’histoire, chacun apportant style et élégance, cimentant les unions et apaisant les tensions. Deux écoles musicales s’affrontaient : Alfred Moïse, qui privilégiait les cuivres, et Ulrick Pierre Louis, qui donnait la préférence aux hanches.

L’entrée de Douze

Autour de Septent, de jeunes musiciens observaient et attendaient leur chance. Lycius Saintil, dit Douze, en faisait partie. En 1967, invité à remplacer Roger Jean François, il répondit au maestro avant chaque morceau : « Sans limite, Maestro, sans limite ! » La ligne des hanches fut ramenée à quatre. En 1969, après le départ de Jean François, Douze régna comme un roi sur son trône. Fidèle, honnête et sérieux, il servit Septent avec honneur jusqu’à sa mort. Ulrick le considéra comme le meilleur baryton qu’il ait connu, malgré ses limites. Avec sa disparition, Septent perdit un « Phébé ».

 La sagesse du choix

Toutes les traditions rappellent que laisser le temps faire son œuvre est une grande sagesse. Lao-tseu, l’Évangile, les humanistes et Socrate en témoignent.

La vie est vaste, mais nos calculs la rapetissent. Prendre son temps est capital pour bien choisir : conjoint, métier, lieu de vie… Søren Kierkegaard parlait du « baptême du choix », ce moment où la personnalité est dynamisée par la décision.

Le point de départ de l’homme est l’ignorance ; la lumière qui guide ses choix ne s’acquiert que par la réflexion ou l’expérimentation. Ainsi, le temps devient un allié indispensable de la maturation intérieure et de la construction de soi.