Selon l’ancien PM Laurent Lamothe, le Canada a été « induit en erreur » pour adopter ses sanctions

Publié le 2022-11-23 | lenouvelliste.com

Sanctionné par le Canada en vertu de la Loi sur les mesures économiques spéciales et la Loi sur les Nations-Unies, l’ancien premier ministre Laurent Lamothe s’est défendu de toute connivence avec les gangs armés en Haïti. Selon lui, le Canada l’a sanctionné sans avoir mené des investigations.  « Le Canada a été induit en erreur. C’est une blague de mauvais goût. J’ai mené quelques investigations. Il s’agit d’un lynchage politique, une sorte de revanche politique. Le Canada n’a pas de preuves et n’a mené aucune enquête », soutient Laurent Lamothe dans une entrevue accordée à la section créole de La Voix de l’Amérique (VOA Kreyòl). Il soutient que le Canada a commis une injustice à son égard.

Selon lui, les sanctions canadiennes ont été dictées par des gens qui sont dérangées par ses prises de position. « J’ai pris une position publique après l’assassinat de Jovenel Moïse. Et ma position a dérangé plus d’un au gouvernement. En demandant justice pour le défunt président, en demandant l’instauration d’un tribunal international, cela dérange certains dans l’opposition et dans le gouvernement. J’ai également demandé une force spéciale internationale afin de combattre les gangs. Il est clair que ce qui s’est passé avec les sanctions est une revanche politique », estime-t-il. « Le Canada doit rendre public ses preuves. Moi j’estime qu’il n’y a pas de dossiers. Il n’y a pas eu d’investigations. C’est un petit noyau de gens au Canada qui sont dérangés par mes prises de position qui ont induit le premier ministre Trudeau en erreur », a-t-il poursuivi.

Lamothe rappelle que la sécurité a été l’une de ses priorités lors de son passage à la primature. Il annonce qu’il va recourir à la justice afin de rétablir la vérité. « J’ai constitué une batterie d’avocats qui devront clarifier cette question. Tout le monde sait que je ne suis de connivence avec aucun gang, durant mon administration et jusqu’à date. Au contraire, j’ai démantelé les gangs. Le Canada a indexé la mauvaise personne. Ces gens doivent vérifier leurs sources. S’ils avaient mené des investigations, ils auraient dû savoir que j’avais équipé la PNH afin de mettre fin à la supériorité des gangs en termes d’arsenal. J’ai fourni des moyens à la police », a-t-il fait remarquer. 

L’ancien premier ministre a également critiqué l’attitude du chancelier haïtien qui se trouvait aux côtés du PM Trudeau lors de l’annonce des sanctions le dimanche 20 novembre dernier. « J’ai été choqué de voir le ministre des Affaires étrangères Jean Victor Généus s’asseoir aux côtés de Justin Trudeau qui annonçait des sanctions contre l’ancien président Michel Martelly. Ce ministre a fait des déclarations pour applaudir les sanctions. Alors que Généus est le chancelier du PM Ariel Henry qui, lui, a été imposé par Michel Martelly. C’est le monde à l’envers », balance-t-il.

Laurent Lamothe a, par ailleurs, révélé qu’il a coupé les ponts avec l’ancien président Martelly, qu’il avait servi comme chef du gouvernement durant plus de 30 mois. Selon lui, cela a rapport avec l’assassinat de Jovenel Moïse. « Je n’ai aucun rapport avec M. Martelly depuis des mois. J’ai été très déçu de lui après l’assassinat de Jovenel Moïse parce qu’il s’était muré dans son silence. A mon avis, il aurait dû s’exprimer après cet assassinat spectaculaire puisque c’est lui qui l’avait choisi comme candidat à la présidence. Moi, j’aime les gens solidaires. J’ai été déçu de son attitude. C’était une déception personnelle. Donc, on ne s’est plus parlés depuis la mort de Jovenel Moïse », a-t-il fait savoir.



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