Déportation massive de migrants haïtiens

« La République dominicaine devrait tomber sous les sanctions de la communauté internationale», soutient Sam Guillaume du GARR

Le responsable de communication et de plaidoyer du Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (GARR), Sam Guillaume, invite la communauté internationale à adopter des dispositions pour forcer la République dominicaine à suspendre la « chasse aux migrants Haïtiens ». Selon lui, la communauté internationale devrait aussi prendre des sanctions contre le pays voisin qui, souligne-t-il, maltraite les migrants haïtiens.

Publié le 2022-11-23 | lenouvelliste.com

Les expulsions massives de migrants haïtiens de République dominicaine augmentent. « Les conditions s’enveniment. Nous nous rendons compte qu’il y a une chasse aux Haïtiens en République dominicaine. Ils sont traqués peu importe leur statut. Ils les maltraitent, violent tous leurs droits, ils sont mis en prison ; ils leur déchirent les documents pouvant leur permettre de s’identifier avant de les rapatrier. Nous nous rendons compte qu’il y a des étrangers qui subissent le même sort que les Haïtiens en fonction de la couleur de leur peau. Les Américains de peau noire subissent les mêmes violences que nos compatriotes. Ce qui montre que les autorités dominicaines ne cherchent pas à déporter les Haïtiens en situation irrégulière, mais tous les Haïtiens et tous les Noirs se trouvant sur son territoire. Ce sont des actes racistes que nous ne pouvons pas tolérer. Cela prouve que la République dominicaine devrait tomber sous sanction de la communauté internationale parce que ces actions prouvent qu’elle viole un ensemble de conventions et protocoles qu’elle a signés en rapport avec le statut des réfugiés et les droits de l’homme. La convention de 1951 sur le statut des réfugiés, le protocole de 1967, la convention interaméricaine relative aux droits de l’homme, entre autres », a martelé Sam Guillaume, responsable de communication et de plaidoyer du GARR.

Selon Sam Guillaume, le président dominicain Luis Abinader souhaite montrer sa capacité à gérer la question de la migration. En outre, la période électorale débute en République dominicaine, il veut asseoir son capital politique sur les migrants haïtiens, a-t-il analysé.  « La communauté internationale doit penser à des sanctions sévères contre ce pays. Et nous autres en Haïti, nous ne sommes pas obligés d’attendre la position de la communauté internationale parce que nous pouvons prendre beaucoup de mesures. »  « Dans le cadre des échanges commerciaux, nos apports à l’économie dominicaine sont plus importants que les leurs à la nôtre. Ce qui veut dire si on cessait les échanges avec la RD se serait beaucoup plus néfaste pour ce pays que pour nous. En ce sens, nous devrons envisager de trouver un autre pays pour commercer ou développer les rapports que nous avons l’habitude de développer avec le pays voisin. Nous avons le Panama, notre rapport avec ce pays s’est amélioré parce qu’un commerçant désirant s'y rendre n’est pas obligé de passer par la République dominicaine, il peut y aller directement par voie maritime ou aérienne. Nous avons la possibilité de stopper les échanges avec la République dominicaine et de les diriger vers un autre pays. À l’interne, il faut gérer la question de gangs afin de ramener des investisseurs et de les garder », a proposé Sam Guillaume qui est très critique envers le pouvoir en place. « Nous pouvons prendre des mesures, malheureusement, le gouvernement actuel, illégitime, ne bouge pas son petit doigt. Il est là de fait, devrait se prononcer au lieu de garder le posture d’observateur laissant nos ressortissants au bon vouloir des autorités dominicaines. »

Le responsable du GARR croit qu’il n’y a aucune volonté pour résoudre la crise actuelle pressant les autorités d’agir. « Il est important que les dirigeants prennent conscience de leur responsabilité et prenent des décisions politiques pouvant apporter un changement réel dans le pays, améliorer les conditions de vie de la population haïtienne », a-t-il dit tout en invitant les autorités compétentes à prendre des mesures afin d’aider les migrants haïtiens qui sont chassés de la République dominicaine.



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