Les prix des transports publics comme jetés en pâture

Publié le 2022-11-17 | lenouvelliste.com

Depuis quelques années, c'est le ministère des Affaires sociales et du Travail qui fixe et annonce les prix des courses pour le transport public. Il le fait par simple communiqué. Ensuite, transporteurs et passagers se débrouillent.

L'urbain, l'inter urbain et le transport maritime de passagers tombent dans l'escarcelle du ministère de l'avenue Charles Summer. Dans les prix fixés, il y en a qui ne sont pas des multiples ronds. Il va avoir des problèmes de monnaies à rendre ou de comptes impossibles à faire. 

Si l'ingénieur Lionel Henri Henriquez était encore vivant, il serait en train d'écrire un article pour décortiquer la logique des nouveaux tarifs et sans doute regretter que le travail des spécialistes en transport, réputés être au ministère des Transports publics, Transports et Communications, soit sous la responsabilité dont on ne sait qui au MAST.

Se laissant pris au piège des syndicats de transport public, le ministère des Affaires sociales et du Travail applique une logique simpliste qui établit une corrélation directe entre le prix des produits pétroliers et celui de la course. 

"L'essence est un élément dans le transport", disait toujours Lionel Henriquez. Les spécialistes en transport avaient tout un ensemble d'éléments qui entraient dans la formation des prix des courses. Il y a de cela des lustres, il faut bien le reconnaître. Si longtemps que même l'Etat ne se souvient plus du temps où il y avait de la rationalité dans certaines décisions.

Cela dit, on remarque avec malice qu'encore une fois les responsables publics ont évité de toucher au sujet qui fâche. Rien n'est dit sur les tarifs que doivent appliquer les chauffeurs de moto taxi. Ils se débrouilleront avec les passagers ou l'inverse.

Il faut dire que la législation haïtienne ne reconnaît pas encore l'existence des motos-taxi. C'est sans doute par respect de la loi que le ministère des Affaires sociales et du Travail continue d'ignorer l'un des plus populaires moyens de transport du pays. 

La publication des nouveaux prix souligne aussi l'absence quasi totale de l'Etat dans le transport. Mis à part les bus scolaires et les tentatives ratées ces dernières années de mettre des bus pour passager, le secteur transport est totalement privatisé.

Les nouveaux prix des courses en tap tap et autres camions, taxis ou bateaux sont jetés en pâture à la population. Que les intéressés trouvent les meilleures ententes pour éviter les chire pit sanglants.



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