Pour sortir durablement de la crise multidimensionnelle haïtienne

Publié le 2022-09-28 | lenouvelliste.com

Comme en 1986, comme à chaque changement de gouvernement depuis deux siècles, le pays, depuis 2021 et l’assassinat du président Jovenel Moïse, retrouve sa dynamique habituelle faite de crimes crapuleux, de prise de contrôle du territoire par des gangs armés, de destruction institutionnelle, de décapitalisation économique et sociale accélérée et d’appauvrissement massif des populations. La présence des Nations Unies et l’évolution des mœurs politiques surtout depuis le démantèlement de l’armée n’ont pas facilité la tâche à ceux qui voudraient prendre le pouvoir par d’autres moyens que par des élections régulières, normales. Deux courants d’idées émergent des stratégies préconisées par les différents protagonistes impliqués dans la « recherche de solution » pour combler le vide de pouvoir et remettre le pays sur les rails.

- Selon le premier courant, il suffit de mettre en place rapidement les structures appropriées en vue de faciliter l’organisation des élections générales dans le plus bref délai. Les tenants de cette position estiment qu’une fois le processus lancé, on s’accommodera des conditions et des espaces que voudront bien laisser les bandes armées pour mener campagne et s’exprimer. La police sera appelée en renfort pour limiter leurs actions partout à travers le pays, surtout, en particulier, de celles qui colonisent tous les quartiers de la capitale où réside plus d’un tiers des électeurs. Le discours du Premier Ministre du 11 Septembre 2022, quatorze mois après sa prise de fonction voudrait s’inscrire dans cette logique.

- Le deuxième courant est plus ambitieux. Il préconise que des « gens compétents » prennent le contrôle de l’appareil d’Etat sur un temps plus long (2 ou 3 ans) :

o pour le mettre en état de fonctionnement, 

o pour rétablir la sécurité, 

o pour modifier la constitution, 

o pour créer les conditions pour la mise en fonctionnement des trois pouvoirs de l’Etat (Parlement, Justice, Exécutif) ;

o pour organiser les élections générales.

Ces deux propositions sont trompeuses. Elles souffrent l’une et l’autre des mêmes faiblesses . Elles considèrent le problème des gangs comme une simple affaire de délinquance dans les quartiers pauvres (donc de simple police) et nie leur codépendance et leur articulation avec les milieux politiques et économiques.  Transition longue, transition courte : même aveuglement, mêmes conséquences néfastes pour la société dans son ensemble. Frédéric Marcelin les appelait déjà au XIXe siècle « panacée mortelle ». Les deux propositions cherchent l’une et l’autre à régler le problème de « l’instabilité bi-séculaire [permanente] » en Haïti, en agissant sur ses conséquences . Les réels déterminants des crises qui génèrent cette instabilité sont généralement éludés et ignorés. On colmate les brèches en essayant de gagner du temps sur la conjoncture et en renvoyant la résolution des problèmes réputés plus difficiles à plus tard. Ils reviennent toujours plus tard, amplifiés parce qu’entretemps agrégés avec d’autres, tout aussi non résolus.  

La question du dialogue national

Les deux propositions se rencontrent sur un point : il faut parvenir à un accord politique, fruit d’un dialogue politique. Mais ils diffèrent sur le moment et l’agenda de ce dialogue. 

Pour les tenants de la « transition courte », le dialogue politique est préalable à toutes autres démarches. Il doit se baser sur les conditions devant faciliter les élections : nomination d’un CEP, révision des listes électorales et audit de la Carte d’Identification Nationale, identification des moyens de financement des élections et des partis politiques participant, renforcement de la police et des forces de sécurité publique, renforcement du pouvoir judiciaire, neutralisation des bandes armées, consensus sur la « loi électorale », etc. C’était le mandat de ce gouvernement depuis son installation, il y a quatorze mois. Aucun progrès d’aucune sorte n’est réalisé sur ce terrain. Les raisons sont multiples. L’une d’elles concerne la qualité des interlocuteurs. Ils sont très nombreux, souvent ne représentant que leur propre personne et n’ont pas vraiment de légitimité adéquate. 

L’ambition de ceux qui prônent la transition longue est de remettre l’Etat debout avant de parler de dialogue et d’élections. Imposer l’autorité de l’Etat d’abord, dialoguer ensuite. Le dialogue serait alors la dernière étape dans la démarche de construction d’une société qui se cherche. Il sera rendu possible par la claire séparation :  bossale versus créole, noiriste versus mulâtriste, national versus libéral, makout versus anti-Duvaliériste, TetKale versus Lavalas. D’autres proposent d’autres types de catégorisations encore moins évidentes, moins claires. Cette présentation binaire du problème haïtien remonte au XIXe siècle et a été à la base de toutes les transitions que nous avons connues. En plus de simplifier à l’extrême la nature de la crise et de reprendre une vieille formule rabâchée qui nous a valus tant de déboires au cours de notre histoire, cette proposition ne précise pas comment on parvient à la mettre en place en l’absence de l’armée. Elle ne dit pas non plus d’où « ces gens » tireront leur légitimité pour avoir les moyens de gouverner. 

• De la violence des rues ? Qui contrôle la violence des rues ? Pourquoi les slogans n’ont-ils pas tellement changé d’une génération à l’autre, les propositions de sortie de crise non plus, alors que les acteurs politiques, eux, changent ? Quelles sont les constantes à toutes les crises des trente dernières années ? Qu’ont-elles en commun ou de différent avec celles des générations passées ?  Comment éviter qu’une fois de plus, la puissance de la foule ne se mette au service du « dominant » contre le peuple ? 

• Devrait-on s’en remettre à l’international ? Comment logiquement penser que des étrangers peuvent définir à notre place notre manière de vivre ensemble ? Plus de trente ans d’occupation ne nous ont rien appris des limites de l’action des Nations Unies dans la construction des états. Ce n’est pas leur vocation, ce n’est pas leur compétence, ce n’est pas leur responsabilité. 

Cet interrègne, cette période d’incertitude extrême - qui efface les rapports de causalité habituels et qui nous expose à tous ces évènements inattendus, dangereux : assassinats crapuleux, kidnappings, déplacements massifs de population, destruction des institutions, destruction de patrimoines, pertes de repères généralisée -, peut provoquer des configurations qui nous éloignent définitivement ou durablement des conditions nécessaires au retour à un fonctionnement normal dans une société démocratique civilisée. Notre histoire nous l’a enseigné à maintes reprises. Cette fois-ci les menaces ne sont pas seulement intérieures. Il y a un vrai risque de perte définitive de souveraineté de la Nation Haïtienne.

Dialoguer c’est reconnaitre la légitimité de l’autre dans ses différences 

Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré, disait Einstein.

Qui peut encore raisonnablement aujourd’hui avoir l’audace, l’arrogance de croire que les 58 chefs d’Etats qui se sont succédé au pouvoir depuis 1804 ont été tous des satrapes, des incompétents, des apatrides ? Que seuls ceux qui sont dans l’opposition ont les qualités adéquates pour diriger le pays ? Comment expliquer pourquoi le successeur porté aux nues à sa prise du pouvoir connaitra toujours le même sort que celui qu’il a remplacé et qu’il vilipendait ? 

Qui se souvient de 1986 et des slogans des étudiants de la FENEH (Fédération Nationale des Etudiants Haïtiens) de l’époque ? Ils portaient tous les rêves d’un Haïti aux lendemains qui chantent. Et ils s’étaient tous engagés à le rendre possible.

Qui ne se rappelle pas les discours du père Aristide du haut de sa chaire à Saint-Jean Bosco qui mobilisaient une bonne partie de la population et de la jeunesse étudiante ? Qui ne prêtait pas l’oreille aux interventions souvent pleines d’esprit à la télévision ou à la radio de Marc Bazin, de Lesly Manigat, de Hubert de Ronceray, de Gerard Pierre-Charles, de Gerard Gourgue, de Victor Benoit ou de Serge Gilles ? Qui ne se souvient pas des envolées de René Théodore ? Tous étaient des gens prestigieux dont notre époque est très nostalgique. Qui ne se rappelle pas les belles promesses du « nouveau contrat social » du Groupe-184 au moment de la crise de 2004 ?  Qui n’a pas en mémoire les propos de l’homme d’orchestre Michel Martelly quand il critiquait l’irresponsabilité des gens au pouvoir ? Qui ne considérait pas que les propos de l’entrepreneur Jovenel Moise étaient sincères et reflétaient une encourageante ligne de conduite d’un digne représentant du peuple ? 

Personne ne pouvait douter de la bonne foi de tous ces gens quant à leur vision du futur envisagé pour le pays. On pouvait discuter de leurs méthodes, de leurs approches des problèmes, et c’est normal. C’était la marque de leurs différences idéologiques -, mais tous revendiquaient l’ambition de faire d’Haïti une terre où il fait bon vivre pour tous ses enfants. 

Il est difficile, même sur un plan purement statistique, de considérer que tous ces gens sont mauvais et irresponsables et que seuls ceux qui n’ont pas encore été au pouvoir aiment le pays et savent ce qu’il faut pour améliorer le sort du peuple. Tout esprit lucide qui a un tant soit peu de jugement comprendra que la société haïtienne, dans toutes ses composantes, est victime de quelque chose de plus grand qui la dépasse et l’instrumentalise. Toute démarche dans la recherche de solutions qui néglige de prendre cela en considération est vouée à l’échec, et ne fera rien d’autre que de déplacer le problème en l’aggravant.

Pour la signature d’un pacte de Vigilance et de Sauvegarde de la Nation Haïtienne (CVSN)

Notre propos ici n’est pas de prêcher quiconque. Tout le monde a pleinement conscience que l’avenir de la Nation est réellement menacé. Nous avons essayé toutes les combinaisons au cours de notre histoire. Pour un bilan honteux. La seule expérience positive a été le Congrès de l’Arcahaie, quand les généraux noirs et mulâtres (sous la menace d’être assassinés tous par les troupes de Rochambeau) avaient compris qu’ils étaient manipulés et que leur salut dépendait uniquement de leur capacité à se parler, à se comprendre, à se pardonner et à avancer ensemble. Ça nous a valu 1804 !

Trouver une solution durable humainement et socialement satisfaisante à la crise contemporaine, avatar de ces crises historiques jamais vraiment résolues, requiert l’abnégation de la part de tous, à la dimension de celle des pères fondateurs. Frédéric Lenoir exprime très bien cette idée que nous tirons de son « Petit traité de vie intérieure » :

« Le pardon n’est ni rationnel, ni juste, mais il nous procure joie et sérénité. Il est la condition nécessaire à l’extinction de la violence. Pardonner, ce n’est pas oublier, c’est réussir à apaiser la blessure suscitée par autrui dans un contexte, un environnement donné, et à tout mettre en œuvre pour que la situation source de la blessure ne se reproduise plus »

Frederic Lenoir, Petit traité de vie intérieure, 2010, Plon.

Il est clair que notre génération n’aura aucune excuse pour justifier qu’elle n’a pu rien faire pour éviter l’effondrement de la Nation – et pour ne pas avoir à porter le flambeau de la couardise et de l’irresponsabilité. C’est en acceptant de se rééduquer à l’humilité et au respect des valeurs supérieures que sont l’intégrité, l’authenticité, l’amour de la patrie, qu’elle peut se placer dans le sens du mouvement vers la rédemption du pays.  

Le Pacte de Vigilance et de Sauvegarde de la Nation Haïtienne constitue en réalité un ensemble d’engagements que les différentes composantes de la société prennent les uns envers les autres pour permettre l’avènement d’une nouvelle ère qui rend possible les progrès économique, social et humain en Haïti. Il part du principe qui est inscrit dans notre emblème national : « L’union fait la force ». Il est initié par les anciens hauts dignitaires de l’Etat (anciens présidents de la République et anciens chefs de gouvernement). Il comprend cinq composantes principales :

Composante 1

Pacte de Sauvegarde de la Nation haïtienne proprement dit. Il engage l’ensemble des anciens présidents de la république et des premiers ministres à tout faire pour calmer les tensions au sein de leurs groupes de supporteurs par des discours et actions diverses. Une action solennelle où l’ensemble de ces dignitaires se présente devant la Nation pour porter un message d’apaisement enverra un message fort à la société et au monde. Ce sera une manière de dire que Haïti veut rentrer dans la majorité politique et dépasser les vieilles rancœurs qui ont causé tant de tort à la société. Ces hauts dignitaires s’entendent avec le Premier ministre actuel, le tiers du Sénat restant ainsi que les regroupements politiques et associations de la Société Civile pour supporter la mise en place d’un gouvernement provisoire composé de professionnels expérimentés et compétents qui inspirent confiance à toutes les parties et acceptent de s’engager à créer les conditions pour l’organisation des élections générales dans le pays dans un délai qui ne dépasse pas un an. 

Composante 2

- Un Pacte de Civilité. Il sera signé par tous les aspirants candidats à l’élection présidentielle. Ainsi, ils reconnaitront que la violence au cours des élections pour forcer les résultats dans un sens contraire aux desideratas du peuple constitue un crime. C’est la cause principale de toutes les crises politiques que nous avons connues au cours de notre histoire. Ils s’engagent donc à avoir un comportement digne et responsable pour inspirer confiance à la population et la porter à s’exprimer librement et à participer massivement aux élections. Ce qui est un premier pas extrêmement important vers la stabilité politique durable en Haïti. Ils s’engagent en outre à reconnaitre les résultats des élections une fois le processus terminé et validé par les autorités compétentes. Ce Pacte de civilité sera étendu aux aspirants candidats aux élections législatives et locales qui voudront bien s’engager sur la base des mêmes principes.

Composante 3

Un Pacte de responsabilité sociale des entreprises et des entrepreneurs. Comme les acteurs politiques, le monde des affaires est pointé du doigt aussi comme principal responsable de la descente aux enfers actuelle du pays. Si le rapport de la Banque Mondiale sur la concentration des richesses en Haïti en 2016 établit que 46 familles contrôlent l’ensemble des activités et des transactions économiques qui se réalisent dans le pays, dans les milieux diplomatiques, « seules six familles seraient vraiment importantes. Elles exigeraient l’exclusivité en matière d’investissement dans le pays, frauderaient le fisc et utiliseraient toutes sortes de stratagèmes pour empêcher la saine concurrence par : la délation et le lynchage médiatique contre des fonctionnaires intègres, la corruption, les assassinats crapuleux, et finalement, orchestration de coups d’état contre les dirigeants politiques s’ils n’obtempèrent pas. Elles maintiendraient le pays sous coupes réglées préférant avoir la totalité d’une ration de misère que de partager un gâteau beaucoup plus grand avec l’ensemble de la population -, ce qui leur permettrait de s’enrichir beaucoup plus ». Pire, certains seraient soupçonnés d’alimenter les activités des gangs.

Beaucoup d’entrepreneurs haïtiens estiment que cette manière de présenter les choses ne dit rien sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés pour continuer leurs activités dans le pays. Certains se sont exprimés publiquement et veulent en finir avec cette représentation qui ternissent leur image et leur statut dans la société. Le Pacte de Responsabilité Sociale des entreprises sera signé par tous les membres des Chambres de Commerce Nationales ainsi que ceux du Forum du Secteur Privé et les autres associations patronales qui partagent cette ambition du renouveau national. Par ce pacte, ils s’engagent à aider l’Etat à combattre la corruption, la contrebande et le blanchiment d’argent, à payer régulièrement leurs impôts, et à avoir une attitude plus positive et plus propice à l’investissement et à la concurrence, ce qui sera rendu possible par le nouveau cadre institutionnel qui découlera de ces pactes.   

Composante 4

Un Pacte d’engagement citoyen. Les citoyens haïtiens appuieront une telle démarche en signant un registre qui sera rendu disponible partout dans les mairies de la république, dans les consulats haïtiens à l’étranger et en ligne pour réclamer l’institutionnalisation et la pacification des mœurs politiques dans le pays et prendre acte de la volonté des principaux acteurs politiques qui s’engagent à travailler dans ce sens.  Ce pacte sera étendu aux haïtiens vivant à l’étranger. En effet, la diaspora haïtienne devra, cette fois-ci, prendre légitimement toute sa part dans l’effort de reconstruction d’Haïti. Elle représente une réserve de capital humain et financier sous-utilisée et surtout mal utilisée à cause de toutes les contraintes institutionnelles que le pays lui impose. D’abord, en signant ce pacte, elle rend possible la révolution culturelle en Haïti. Elle s’engage à aider à la modernisation de tous les échelons du système éducatif national, à rendre possible la réalisation d’investissements de qualité en mettant en place de nouveaux instruments comme un fonds de la diaspora géré par ses soins et selon les standards internationaux. Elle accompagnera la dynamisation des territoires qui seront transformés en milieux actifs en aidant à décentrer le cœur économique et culturel du pays.  

Conditions critiques

a) Ces pactes partent du postulat que chercher à régler le problème de la prolifération des gangs criminels par la seule mobilisation de la police ne résoudra jamais le problème. Tous les rapports le disent, les déclarations quotidiennes des acteurs dans la presse le confirment, ces jeunes, pour une bonne part, sont instrumentalisés par les opérateurs politiques et économiques.  En signant ces pactes, l’ensemble de la population reconnait que ce ne sont pas les porteurs d’armes qui sont les plus dangereux pour la société, c’est plutôt le système qui les a instrumentalisés et qui a rendu de telles atrocités possibles qui doit être jugé. Elle donne ainsi mandat à l’Etat, de : 

o Exhorter ceux qui veulent témoigner et rendre leurs armes en vue de se réinsérer socialement à le faire ;  

o Isoler, combattre et punir sévèrement ceux qui le refusent.

b) L’international est un acteur majeur dans tout ce qui se fait en Haïti, au moins, particulièrement depuis les trente dernières années. Il doit clairement :

o Accepter d’accompagner techniquement et financièrement le processus de stabilisation politique, dont l’initiative doit revenir exclusivement aux Haïtiens ;

o Aider à reconstituer les forces de sécurité nationale : armée et police ainsi que le Pouvoir judiciaire, et accompagner le processus de désarmement et de démobilisation des gangs ;

o Aider à la mise en place d’un programme d’éducation populaire à la paix et à la démocratie ;

o Aider à la modernisation et au renforcement des organes de communication de l’Etat, surtout la radio et la télévision nationales ainsi que le journal d’Etat.  La programmation de ces médias devra être complètement revisitée pour s’aligner sur les nouvelles exigences qu’impose le besoin de modernisation de la société et de l’économie haïtiennes.

o Appuyer la mise en place d’un Task Force Interinstitutionnel (TFI) à l’initiative du gouvernement pour identifier et mettre en œuvre un train de mesures urgentes visant l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables en articulation avec des politiques sociales et économiques structurelles prioritaires.  

c) La presse (ANMH et AMIH) a un rôle critique à jouer pour faire évoluer les mœurs politiques dans le pays. Elle s’engage à se renforcer, à accepter de revisiter ses programmes pour accompagner et rendre possible la pacification politique du pays. 

Composante 5

Un Pacte pour le Développement Economique et Social. La réalisation de ces démarches préalables crée les conditions nécessaires à l’élaboration d’un Programme de Développement Economique et Social cohérent et inclusif pour les 30 prochaines années, intitulé : PDES-HAITI 2054. Il mobilisera l’ensemble des secteurs organisés de la société et tiendra compte de tous les travaux déjà effectués au sein de l’administration depuis les 10 dernières années. Les grandes lignes de ce plan constitueront les lignes de base des programmes des candidats et des partis politiques qui voudront briguer la magistrature suprême de l’Etat.

Comité de Suivi

Les différents protagonistes signataires des engagements précédents s’entendront sur les choix de quelques personnalités respectées de la Société Civile qui constitueront le Comité Témoin, responsable du suivi de l’application de ces pactes. 

V. Conclusion

Nous savons que certaines des positions exprimées dans ce manifeste peuvent choquer. Des personnes ont souffert dans leur chair et dans leur âme les effets de ces dérives sociales et politiques et voudront pouvoir se faire justice elles-mêmes. Qui peut leur contester ce droit ? D’autres ont cultivé des inimitiés politiques tellement tenaces qu’ils sont prêts à passer le reste de leurs vies à se faire la guerre. C’est une approche de résolution des problèmes à laquelle notre histoire commune nous a habitués. Les résultats sont là, affligeants et indignes. Nous pensons que le moment est venu pour les Haïtiens de faire un trait sur une certaine manière de vivre collective pour laisser germer la possibilité du renouveau du pays. Pour cela, il nous incombe d’accepter d’agir individuellement et collectivement de manière responsable. C’est le sens de notre combat, c’est le sens de notre engagement. 

Haïti pour se recréer, a besoin de créer de l’idéal. C’est en agissant en toute conscience et de manière déterminée contre les causes internes et externes de sa destruction latente que nous pouvons définitivement gagner la bataille pour la refondation de la Nation haïtienne. Le pays a besoin de se remobiliser intellectuellement, moralement et politiquement, pour ressusciter la foi civique et des projets communs. Notre adhésion aux valeurs démocratiques nous fait obligation de reconnaitre comme légitimes les devoirs et les obligations de chacun par rapport à la République et de convenir que nous ne pouvons plus continuer à faire n’importe quoi.

Signataires :

M. Jean-Michel AUGUSTE

M. Louis-Naud PIERRE

M. Jocelyn JEAN  

 M. Mathias PIERRE

M. Thomas JACQUES

M. Ricot PIERRE-LOUIS

Mme Edwine BLAISE

M. Jean-Claude VERDIER

M. William PIERRE

M. Pierre-Raymond DUMAS

M. Antoine FLEURANT

M. Carlo MARCELIN

Mme Marie-France A. LALEAU

M. Wilson LALEAU

M. Donald JOSEPH

Mme Myriam FETHIERE                               

M. Bentley DOUCEUR

M. John Kelly CENAT

M. Pascal Jerry ALEXANDRE

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