L’ULCC publie 10 rapports d’enquêtes sur des faits de corruption évalués à 500 millions de gourdes

Publié le 2022-08-25 | lenouvelliste.com

Le directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), Me Hans Jacques Ludwig Joseph, a remis à la justice, ce jeudi 25 août, une dizaine de rapports d’enquêtes sur des « faits avérés » de corruption. Sur l’ensemble de ces enquêtes, a affirmé M. Joseph, l’État haïtien a enregistré des pertes évaluées à 500 millions de gourdes. Le même jour, Me Joseph a également remis aux autorités judiciaires plusieurs requêtes concernant des personnalités politiques pour défaut de déclaration de patrimoine.

Me Hans Jacques Ludwig Joseph a assuré que ces rapports d’enquête portaient tous sur des faits avérés, bien argumentés, relatifs à des cas de corruption. « Par cette cérémonie de remise symbolique, l’ULCC répond aux directives du gouvernement de la République, qui exige que ce combat soit non seulement intensifié mais aussi que les démarches, les actes effectués se réalisent dans la transparence et l’ouverture », a-t-il déclaré en présence du doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Bernard Sainvil, d’une représentante de l’OEA, entre autres.

Le DG de l’ULCC a dévoilé les dossiers qui ont été remis à la justice. Il s’agit d’enquêtes sur des faits de détournement de biens publics, de passation illégale de marché, de concussions, de faute de gestion, d’abus de fonction, concernant : le Fonds de développement industriel (FDI), les mairies de Petit-Goâve, de Fort-Liberté, d’Anse-Rouge, de St-Raphaël, de Cerca-Cavajal, la carte de débit de la Police nationale d’Haïti, l’École de droit et des sciences économiques des Gonaïves, le Lycée Joseph Pierre Sully de Maïssade, le juge de paix de la section nord des Gonaïves, M. Staniel Registre, et la Loterie de l’État haïtien. « L’ULCC a, dans son approche de traitement, voulu également établir que la corruption est présente tant dans l’administration centrale de l’État que dans les collectivités territoriales », a fait remarquer Me Joseph, ajoutant que sur l’ensemble de ces enquêtes, l’État haïtien a connu des pertes colossales évaluées à environ 500 millions de gourdes.

Me Hans Jacques Ludwig Joseph a assuré que l’ULCC a exposé et continuera d’exposer sur la place publique les corrompus et les corrupteurs « qui torpillent le Trésor public et asphyxient les efforts de développement économique et social du pays ». « Il revient maintenant et tout de suite aux commissaires du gouvernement et aux juges de multiplier leurs efforts, en dépit des difficultés structurelles importantes que nous reconnaissons, pour permettre à l’État de recouvrer ses avoirs et également pour sanctionner avec la rigueur de la loi ces ennemis de la République. Le circuit anti-corruption (CAC), qui regroupe des commissaires du gouvernement, des juges d’instruction et de siège, trouve l’occasion de s’affirmer », invite le DG.

Le numéro un de l’ULCC a profité de l’occasion pour exprimer sa reconnaissance envers l’appui technique de l’Organisation des États américains à travers le programme de renforcement institutionnel et de lutte contre la corruption en Haïti, coordonné par la Procureure Ana Maria Calderon Boy. « Les formations reçues cette année ont renforcé la qualité et l’efficacité des actions des agents de l’ULCC. Recevez notre gratitude avec l’espoir que cette belle aventure va reprendre dans un futur proche », a-t-il déclaré.

Me Hans Jacques Ludwig Joseph, au nom de l’ULCC, a sollicité de la justice les sanctions appropriées pour les personnalités politiques et agents publics qui ont, de manière délibérée, décidé de violer la loi. « Sur cette base, en plus des dix rapports d’enquêtes, je remets à la justice un ensemble de requêtes demandant la poursuite d’un ensemble de parlementaires et maires pour défaut de déclaration de patrimoine », a-t-il annoncé.



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