8 mois sans salaire pour les policiers de la 31e promotion, le MEF se dédouane de toute responsabilité

Les derniers policiers qui ont regagné les rangs de la Police nationale d’Haïti au mois décembre 2021 n'ont encore rien perçu de leur rémunération, a dénoncé le coordonnateur général du Syndicat national des policiers haïtien (SYNAPOHA), Lionel Lazarre. Le blocage ne vient pas du côté du ministère de l’Economie et des Finances (MEF), s’est déresponsabilisé le titulaire dudit ministère, Michel Patrick Boisvert. 

Publié le 2022-07-26 | lenouvelliste.com

631 policiers ont renforcé l’effectif de la PNH le 17 décembre 2021, jour de la collation de diplômes. Presque 9 mois plus tard, ils n’ont pas encore reçu leur paie selon le leader du SYNAPOHA, Lionel Lazarre, intervenant sous les ondes de Magik 9, le dimanche 24 juillet 2022. « Une semaine après leur graduation, ils ont investi les rues. Ils participent à des opérations, et à des contrôles de routine. Cependant ils n’ont pas encore été rémunérés », a dénoncé le syndicaliste, jugeant la situation insoutenable. « Ce n’est pas normal de maintenir des policiers dans de telles conditions. Que voulez-vous qu’ils fassent ? Mendier aux chauffeurs ? Rançonner les gens ? Ces policiers ont des enfants, ils ont des femmes, des sœurs, des frères », s’est indigné Lionel Lazarre, invitant le Haut état-major à prendre sa responsabilité.

Le blocage n’est pas du côté du MEF. « Il n’y a pas de problème pour ce qui est des salaires pour quel que soit l’employé, encore moins pour les policiers qui sont sollicités jour et nuit, risquant leur vie pour assurer la sécurité de la population haïtienne », a déclaré le le titulaire du MEF, intervenant à la matinale de Magik 9,  lundi 25 juillet. « Lorsqu’une nouvelle promotion rentre, nous sommes saisis des dépenses auxquelles l’État aura à faire face. Au niveau du budget, il y a une programmation qui est faite pour prendre en compte les promotions qui rentrent et qui doivent sortir », a-t-il fait savoir. Le grand argentier de l’État renvoie la balle au pied de l’institution policière. « Les dispositions ont été prises au sein du ministère de l’Economie et des Finances.  Il revient à la police nationale de remplir les formalités de manière à payer les agents » a recommandé Michel Patrick Boisvert, arguant que le ministère ne peut pas remplacer la police dans l’accomplissement de ses obligations. 

Michel Patrick Boisvert a confirmé que l’État haïtien a passé des commandes pour la PNH. « Le gouvernement a effectivement réalisé des commandes, question de renforcer la police en matériel et équipements.  Ce sont des commandes qui sont placées selon les lois de la République. L’argent qui sera dépensé sera issu du Trésor public, c’est l’argent du peuple haïtien » a-t-il renchéri. 

« Effectivement, nous avons parlé avec des responsables de l’institution qui nous ont rassuré de la venue de nouvelles commandes de matériel et d’équipements pour les policiers », a confié Lionel Lazare, qui s’est montré toutefois prudent. « Beaucoup de gens placent leur espoir en ce matériel estimant qu’ils vont aider à résoudre le problème de l’insécurité. Nous allons voir si le problème de l’insécurité sera réellement résolu une fois ce matériel sur place. Car, nous pouvons disposer de tout le matériel capable de dissuader, si le gouvernement, le Conseil supérieur de la police nationale, ne font preuve d’aucune volonté politique, ce matériel ne sera d’aucune utilité. La PNH est une institution politisée », s’est méfié le coordinateur général du SYNAPOHA.



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