Plus de 300 tués et plus d'une centaine de blessés dans la guerre des gangs à Cité Soleil, révèle Pierre Espérance du RNDDH

Le bilan de la guerre des gangs à Cité Soleil s’élève à environ 300 morts et 160 blessés a confié le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, lors de sa participation à la matinale de Magik9 le dimanche 17 juillet.

Publié le 2022-07-18 | lenouvelliste.com

La guerre des gangs se poursuit à Cité Soleil. Des habitants de cette commune sont piégés par cette guerre et subissent l’assaut des bandits. Le nombre de victimes ne cesse de croître, passant de 89 morts, 74 blessés par balle le mercredi 13 juillet à environ 300 personnes tuées et 160 blessés pour ce week-end. « La majorité des personnes tuées sont de la population civile. Ce sont les personnes les plus vulnérables : les femmes et les enfants. De même, dans les autres massacres enregistrés dans le pays de novembre 2018 à aujourd'hui, ce sont les personnes vulnérables qui en sont les principales victimes. Récemment à Croix-des-Bouquets, fin avril début mai, nous avons recensé 200 morts. De ces 200 personnes, environ 40 bandits qui font partie des gangs "Chen mechan et 400 Mawozo" ont été tués, les autres font partie de la population civile », a-t-il expliqué.

La population de Cité Soleil est victime d’une attaque d’État, estime Pierre Espérance. « C’est le pouvoir en place qui fournit les moyens aux gangs du G 9 et alliés. Pourquoi ? Ils veulent déloger Ti Gabriel pour permettre à ce groupe d’avoir le contrôle de la cité. Voilà l’origine de la guerre. Cette même politique qui avait débuté sous le règne de l’ancien président Jovenel Moïse, consiste à attaquer les habitants des quartiers défavorisés pour les placer sous la domination des gangs de G-9 dans la perspective électorale. Le département de l’Ouest représente plus de 40% de l’électorat et lorsque les gangs gagnent en territoire dans la zone métropolitaine, ils s’assurent de gagner les élections grâce à leur influence ; ils exercent une forte pression sur la population de la zone », a fait savoir le défenseur des droits humains.

L’insécurité sévit partout dans le pays. M. Espérance, dénonçant la complicité entre les bandits et l’actuel chef du gouvernement, Ariel Henry, demande à la population de renverser « la situation » sans heurt. « Il faut une mobilisation contre les bandits à cravate, à costume, car toutes les catégories sociales souffrent de l’insécurité qui gangrène le pays », a-t-il prêché après avoir rappelé que la première mission de l’Etat est de garantir la sécurité des personnes et des biens dans le pays.



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