Début de la lutte contre la corruption et le trafic d’armes?

Publié le 2022-07-15 | lenouvelliste.com

Cette semaine était mouvementée en Haïti. La découverte d’armes de guerre, de cartouches à profusion et de chargeurs dans des containers en provenance des États-Unis par les forces de l’ordre à Port-au-Prince et à Port-de-Paix occupe l’actualité. Avec ces saisies d’armes et de munitions, le problème de l’insécurité n’est pas résolu, mais elles donnent une idée de l’ampleur du chantier de la lutte contre ce phénomène qui met le pays à genoux. Elles permettent aussi de comprendre que le pays n’est pas arrivé à ce carrefour difficile par hasard, mais par la négligence et la complicité des uns et des autres.

Ces saisies d’armes et de munitions entrent-elles dans un plan pour rétablir la paix et la sécurité dans le pays ? Trop tôt pour croire au chant des sirènes des autorités, mais il n’empêche de les applaudir pour les coups de cette semaine. Le pays leur sera reconnaissant si enfin elles assument leurs responsabilités pour passer de la parole aux actes dans la lutte contre l’insécurité. Une bataille qui doit être aveugle et sans parti pris.

On se rappelle que des accusations de trafic d’armes ont été portées contre l’ancien directeur général de l’Administration générale des douanes, Rommel Bell. Face à l’ampleur et à la persistance des accusations, l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) avait fait une descente des lieux à son bureau. On ignore encore les résultats de cette visite de l’ULCC à l’AGD. Il faut aussi souligner que les autorités concernées avaient décidé de remplacer M. Bell sans annoncer de suites à son dossier. S’agit-il d’une stratégie de « kase fèy kouvri sa » ? Ou n’y a-t-il rien à lui reprocher ? Les instances concernées ont intérêt à éclaircir ce dossier.

Parallèlement aux saisies d’armes et de munitions dans nos ports cette semaine, la Caisse d’assistance sociale (CAS) est aussi dans l’actualité. Une courte vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre des milliers de chèques retenus par la directrice générale de la CAS, Édwine Tonton. Elle dit attendre en vain que les personnes à qui appartiennent ces chèques viennent les récupérer. Une information qui a attiré l’attention de l’ULCC qui a fait une descente de lieux à la CAS cette semaine. On attend la suite.

Même s’il est trop pour tirer une conclusion de l’un ou de l’autre des deux dossiers évoqués plus haut, on doit admettre qu’ils nous donnent une meilleure idée du mode de gouvernance du pays. Rien d’étonnant quand on connait la situation de l’appareil judiciaire. Vouloir lutter contre la corruption incluant le trafic d’armes en mettant de côté le système judiciaire ne saurait donner de résultats. Les évènements de cette semaine porteront-ils nos autorités à voir la justice autrement ?



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