Crise politique/Dialogue

Ariel Henry et Montana ne se parlent plus depuis plus d’un mois

C’est le calme plat entre le Premier ministre et les membres de l’accord de Montana. Leur dernière rencontre remonte au 15 mai quand Ariel Henry s’est rendu chez Magali Comeau Denis pour un entretien en tête-à-tête. Depuis, les deux parties n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les modalités des négociations politiques alors que le pays s’enfonce de jour en jour dans les abysses et le renforcement des groupes armés…

Publié le 2022-06-21 | lenouvelliste.com


Les gangs armés n’ont plus de limite dans leurs agissements. Ils contrôlent le palais de justice et investissent n’importe quel quartier de l’aire métropolitaine quand cela leur chante. Ils contrôlent la route nationale numéro 2 depuis plus d’un an. L’Etat est à genoux et la population est prise en otage. Ajoutez à tout cela, une pénurie de carburant depuis plusieurs semaines. Les douanes du pays sont en grève. L’inflation est à son plus haut niveau. La grande majorité de la population croupit dans la misère. Cette liste de notre désarroi n’est pas exhaustive.  

Plus de 11 mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse, les acteurs politiques et de la société civile n’arrivent pas à trouver un accord politique, indispensable à la résolution de certains problèmes du pays. La dernière rencontre entre le Premier ministre et les membres de l’accord de Montana remonte au 15 mai dernier.

Le Bureau de suivi de l’accord de Montana (BSA) accuse Ariel Henry qui, selon lui, refuse de donner suite à plusieurs de leurs correspondances. Dans une lettre ouverte envoyée la semaine dernière au Premier ministre, le BSA lui enjoint de désigner les membres de sa délégation qui devraient entamer les négociations politiques.

« Déjà un mois depuis que le Bureau de suivi de l'accord Montana vous a envoyé une correspondance dans laquelle il a renouvelé sa conviction dans la nécessité de trouver un consensus politique pour débloquer la situation de crise que connait le pays et qui se dégrade de jour en jour », écrivent les membres du BAS au Premier ministre, soulignant à Ariel Henry qu’ils ont déjà désigné les sept membres de leur délégation devant mener les négociations politiques. Le BSA demande à Ariel Henry d’en faire autant. Une demande ignorée jusqu’ici par le chef de la Primature.

« Nan pòs ou okipe nan kondisyon nou tout konnen an, fè tan pase a, gen anpil konsekans grav sou peyi dAyiti ! Paske se ansasinay, masak, kidnapin, vyòl, koripsyon, gaspiyaj resous peyi a k ap anglouti lavi popilasyon an. Nan jwèt chimen pèdi tan, jodi a, se otorite Leta yo menm k ap kraze Leta a pi plis toujou. Kit se nan al plenyen devan dirijan Leta peyi etranje, kit se nan rapò mank e melanj souverènte peyi l », a tancé le BSA dans la lettre ouverte.

« Dr Ariel Henry, le BSA vous demande à nouveau formellement et solennellement, au nom du pays, dans l’humilité face à la douleur de la population… de prendre votre responsabilité…al chache jwenn manda bon alye nasyonal ak entènasyonal ou yo pou fòme
delegasyon k ap vini chita travay ak delegasyon Montana ak alye li yo pou retire popilasyon an
anba ensekirite gang k ap mete zam nan men jèn yo, ensekirite gang ame, ensekirite ekonomik,
ensekirite sosyal ak lamizè », ont écrit les membres du BSA.

Depuis sa dernière rencontre avec Magali Comeau Denis le 15 mai dernier, suivie d’une correspondance au BSA dans laquelle il avait proposé quatre points pour les négociations politiques, le Premier ministre a pratiquement coupé les ponts avec les membres de l’accord de Montana.

Parallèlement, le Secteur démocratique et populaire (SDP), proche d’Ariel Henry et membre très influent du gouvernement, se dit « très préoccupé par la remontée de l’insécurité dans le pays et particulièrement dans la zone métropolitaine ».

Le gouvernement actuel, a dit le SDP dans un communiqué,  être « trop faible pour permettre au pays de traverser les périodes difficiles qui l’attendent. Le pays a besoin d’un gouvernement pour combattre l’insécurité, le kidnapping, les gangs armés et conduire le processus de normalisation institutionnelle tel que défini dans l’accord du 11 septembre 2021 ».



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