Budget général de l’exercice 2021-2022

Dette publique et subvention au secteur de l’énergie : plus de 60 milliards de gourdes

Publié le 2022-05-20 | lenouvelliste.com

Sans surprise, le service de la dette demeure  encore le plus grand poste de dépenses dans le budget général de l’exercice 2021-2022, publié cette semaine dans Le Moniteur, le journal officiel de la République. Il est chiffré à plus de 33,39 milliards de gourdes (intérêt : 4,4 milliards de gourdes et amortissement 28,9 milliards de gourdes). Il dépasse de loin le montant de 27,6 milliards de gourdes alloué au ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) qui est l’institution ayant bénéficié de la plus grosse allocation budgétaire. Le service de la dette représente plus de quatre fois les crédits budgétaires alloués au ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) dont le budget est de 8,4 milliards de gourdes.    

Dans le budget rectificatif 2020-2021, le service de la dette chiffré à 29.19 milliards de gourdes, soit 15.1% de l’enveloppe globale, était déjà le plus grand poste de dépenses. La dette publique ne cesse de prendre des proportions. Il est ainsi dans le budget de l’exercice en cours : dette aux institutions financières créatrices de monnaies 2,05 milliards de gourdes ; autres institutions financières 10,2 milliards de gourdes ; autres créanciers internes 7,3 milliards de gourdes ; dette multilatérale 439, 09 millions de gourdes ; dette bilatérale 13,2 milliards de gourdes.

À quoi sert enfin la dette publique ? Comment a-t-elle été utilisée ? le plus grand centre hospitalier du pays est en chantier depuis une dizaine d’années, l’hôpital Simbi Continental à Martissant reste inachevé et aucune intervention sur le chantier bien avant les affrontements entre les gangs. Il y a très peu de lycées et d'écoles nationales détruites par le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui sont reconstruites avec du fonds public.   

Par ailleurs, en plus du paiement de la dette, il faut mobiliser 27,6 milliards de gourdes à titre de « Dotations spéciales, subvention au secteur de l’énergie ». Dans cette rubrique, il est prévu une subvention à l’Electricité d’Haïti (EDH) de l’ordre de 7,5 milliards de gourdes et 20,1 milliards de gourdes pour la subvention des produits pétroliers. Le pays se trouve dans l’impossibilité de finir avec la subvention des produits pétroliers et de l’EDH. Pourtant, les autorités gouvernementales se mettent toujours d’accord avec le FMI sur ce point. Comment faire pour stopper défensivement la subvention au secteur de l’énergie dans un pays où la pauvreté frappe plus de la moitié de la population ? Selon des experts du FMI, la somme utilisée pour subventionner les produits pétroliers pourrait être utilisée pour construire des écoles et des hôpitaux. Mais la construction des écoles et des hôpitaux fait-elle partie des priorités de nos dirigeants ?       



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