Entretien avec Don Pedro Naason Theoney autour du Prix international (des) Rencontres philosophiques, littéraires et artistiques

« Le fonds de l'Association éditions Gouttes-Lettres (ASSEGL) pour la Création littéraire et artistique a été mis en place, à l’occasion du lancement officiel du prix international (des) Rencontres philosophiques, littéraires et artistique, le 30 avril 2022 dernier, au Centre Pen Haïti, par l’ASSEGL », précise le président de l’Association Éditions Gouttes-Lettres, Don Pedro Naason Theoney. Le Nouvelliste l’a rencontré.

Publié le 2022-05-19 | lenouvelliste.com

Le Nouvelliste : Vous êtes le président de l’Association Éditions Gouttes-Lettres. Au lancement du Prix international des Rencontres philosophiques, littéraires et artistiques, Don Pedro Naason Theoney. Vous aviez parlé d’un fonds à mettre sur pied pour aider l’Association éditions gouttes-lettres à tenir ses promesses. Où en êtes-vous à l’heure actuelle ?

(Dom) Pedro Naason Theoney : Le fonds ASSEGL pour la création littéraire et artistique a été mis en place, à l’occasion du lancement officiel du prix international des Rencontres philosophiques, littéraires et artistique, le 30 avril 2022 dernier, au Centre Pen Haïti, par l’association Éditions Gouttes-Lettres (ASSEGL) qui, au-delà de ses activités éditoriales, c’est-à-dire la production, la promotion et la diffusion des livres, on ne peut le nier, est fort présente dans la vie culturelle d’aujourd’hui, à travers ses initiatives et propositions, en vue de contribuer à former les jeunes esprits haïtiens. Cette présence constante de l’ASSEGL est jusqu’ici assurée par notre très grande passion pour la culture, en général, qui nous fait consentir de grands sacrifices comme faire entre nous des collectes de fonds pour pouvoir financer les initiatives de l’ASSEGL, auxquelles tout le monde aura accès gratuitement. Malgré notre constance et notre détermination, nous craignons de ne pas pouvoir tenir encore longtemps tout seuls, sans aucun support ou accompagnement financier. Notre crainte est exacerbée lorsque nous songeons au nombre d’initiatives culturelles ou littéraires et intellectuelles qui, faute de financement, n’ont pas fait long feu. Triste destin que voilà ! Mais ne pouvons-nous pas échapper à ce mal qui fait que ce nous faisons, ici, d’important ne vivent que le jour de sa naissance ? Ne pouvons-nous pas inscrire dans la durée nos belles et grandes entreprises culturelles, les placer sous le signe de la permanence et de l’universel ? nous sommes-nous demandé. Oui, pensons-nous, si tout le monde s’y met et contribue, nous parviendrons à défaire ce noir destin et même gagner le pari du temps. Aussi avons-nous décidé d’ouvrir nos collectes de fonds habituelles à toutes les communautés (locales ou internationales), à toutes celles et à tous ceux qui veulent bien contribuer à ce que vivent longtemps les grandes initiatives culturelles, comme celles que voici :

Le festival des Rencontres philosophiques, littéraires et artistiques

Le prix international des Rencontres philosophiques, littéraires et artistique

La Résidence de création littéraires et artistique des Rencontres philosophiques, littéraires et artistiques.

Ce fonds pour la Création littéraire et artistique devra non seulement financer ces trois grandes manifestations littéraires et artistiques annuelles de l’ASSEGL, mais également toute autre initiative du genre, prise par d’autres associations ou organismes, dont l’importance pour la communauté est bien manifeste. De sorte que, même sans les institutions qui subventionnent habituellement les événements culturels, nous puissions rester debout et avancer ensemble.

Pour savoir comment contribuer au fonds ASSEGL pour la Création littéraire et artistique, nous invitons les donateurs ou toute autre personne à contacter le secrétariat du fonds ASSEGL à cette adresse e-mail : fondsassegl2022@editionsgoutteslettres.net

Des récompenses pour honorer quatre catégories littéraires

Le Nouvelliste : Les lauréats du prix recevront une bourse d’un montant de trois cent cinquante mille gourdes (350 000 gourdes). Et l’Association éditions Gouttes-Lettres accordera quatre prix aux catégories roman, théâtre, poésie, essai. De grands débours n’est-ce pas ? Avez-vous commencé à frapper aux portes des institutions pour délier les cordons de la bourse ?

Don Pedro Naason Theoney : Ce nouveau prix littéraire, dénommé prix international (des) Rencontres philosophiques, littéraires et artistique, s’intéresse, comme vous l’indiquez, à quatre catégories : roman, poésie, théâtre et essai. Et pour chaque catégorie, une bourse de trois cent cinquante mille (350 000) gourdes. Ce qui, au total, fait en effet un bien gros montant à débourser. Mais nous espérons que les institutions, que nous avons déjà invitées à nous accompagner financièrement, répondront positivement, et que d’autres nous appelleront pour nous proposer leur soutien. Et nous continuons encore à adresser nos demandes de support financier auprès de celles qui ne sont probablement pas encore touchées par le projet, comme le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), le ministère de la Culture et de la Communication d’Haïti, dont le chef est heureusement une grande écrivaine, à savoir madame Emmelie Prophète Milcé, qui connait bien l’importance des prix littéraires pour en avoir elle-même déjà obtenu quelques-uns.

Le Nouvelliste : Au lancement du Prix (des) Rencontres, vous avez solennellement déclaré que la remise des prix se fera en séance publique, à l’ouverture du Festival du livre (des) Rencontres philosophiques, littéraires et artistiques, le 16 décembre 2022. Le jour où vous avez annoncé au jardin du Centre Pen, cet événement, vous avez mis les aiguilles de l’horloge en marche. Les maisons d’éditions ont-elles commencé à vous contacter ?

Don Pedro Naason Theoney : Oui, bien sûr, elles ont commencé à nous contacter. Nous avons reçu, la semaine dernière des mails et des appels de certaines maisons d’édition, nous demandant de leur renseigner davantage sur le prix ou sur le processus d’inscription au prix. De notre côté également nous les contactons pour leur donner le dossier complet du prix et, ce faisant, les encourager à inscrire leurs meilleurs livres au prix. Elles ont jusqu’à la mi-juillet 2022 pour le faire.

Le Nouvelliste : Rappelez-nous comment prendre part à ce grand rendez-vous littéraire, béni par quatre prix ?

Don Pedro Naason Theoney : Le prix est ouvert aux livres écrits en créole ou en français et publiés à compte d’éditeur. Les membres du jury peuvent directement demander aux éditeurs les titres qu’ils souhaitent voir concourir (trois au maximum) ; la sélection est également ouverte aux envois spontanés des éditeurs (les auteurs ne peuvent y participer que par l’intermédiaire de leur éditeur). Les livres sont demandés en sept exemplaires, plus un format pdf, qui circuleront parmi les membres du jury.

Le Nouvelliste : Pourquoi l’Association éditions Gouttes-Lettres ne reçoit-elle pas les livres publiés à compte d’auteur ?

Don Pedro Naason Theoney : D’expérience (de lecteur), nous savons que les publications à compte d’auteur sont souvent de qualité médiocre. Elles sont en général faites très rapidement et donc sans de réel traitement. Notons que c’est souvent les auteurs eux-mêmes qui vendent leurs livres : un véritable casse-tête quant à la distribution des livres. Autre problème : dès la dernière sélection, une quantité des titres sélectionnés (entre 5000 et 20000) doivent être ou bien déjà disponibles ou bien prêts à l’être. Ce qui n’est pas certain avec les titres publiés à compte d’auteur. Autant d’inconvénients qui nous font écarter les livres publiés à compte d’auteur.

Un livre pour le bonheur de beaucoup de monde

Le Nouvelliste : Les livres que vous recevez proviendront de tous les pays francophone et créolophone n’est-ce pas ? En mettant la barre si haut, ne pensez-vous pas que certains éditeurs pourront reculer ?

Don Pedro Naason Theoney : Cela nous ramène à la question de la qualité évoquée plus haut. Une chose donc : plus on est convaincu de la grande qualité littéraire et intellectuelle de son livre, plus on se sait compétitif, et moins on craint de ne pas être à la hauteur. Et l’on est d’autant plus fier de sa victoire lorsqu’on sait qu’on a confronté (ou battu) que des grands. Alors, dans ces conditions, prétexter la portée internationale du prix pour ne pas s’y inscrire, c’est avouer sa médiocrité.

Le Nouvelliste : Qu’est-ce que vous aimeriez dire aux éditeurs, pour les stimuler à prendre part à cette activité ?

Don Pedro Naason Theoney : Ils ont certainement publié au moins un bon livre, cette année. Un livre qui fera peut-être le bonheur de beaucoup de monde, un livre qui plaira peut-être même aux membres du jury, donc qui peut être sélectionné et qui mérite d’aller plus loin. Alors nous leur disons de choisir, dans leur catalogue, leurs meilleurs titres (3 au maximum) et de venir les inscrire. L’un d’entre eux, ou tous (pourquoi pas), sera peut-être couronné « Prix des Rencontres… » de cette année. Et tout le monde en sortira content.

Propos recueillis par Claude Bernard Sérant



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