Le père Frantzy Petit-Homme appelle à un front commun contre l’insécurité

Publié le 2022-05-11 | lenouvelliste.com

Le curé de la paroisse de Notre-Dame de l’Immaculée Conception, le révérend père Frantzy Petit-Homme invite tous les secteurs à faire front commun pour endiguer le phénomène de l’insécurité qui endeuille et appauvrit les familles haïtiennes. « L’Eglise catholique dispose actuellement d’environ 15 paroisses dysfonctionnelles. La paroisse qui se trouve à Martissant par exemple est peu fréquentée. Des tirs sporadiques empêchent le fonctionnement de cette paroisse », a informé le prélat soulignant que malgré tout les prêtres continuent d’élire domicile dans les milieux difficiles avec le peuple de Dieu.

La situation n’est pas différente dans la plaine du Cul-de-Sac pour l’Eglise catholique. Le père Petit-Homme confirme que bon nombre de paroisses dans la plaine sont occupées par des réfugiés de la guerre des gangs. « Les prêtres étaient obligés de livrer les espaces pour que les gens puissent s'y abriter. Nous sommes formés pour rester aux côtés du peuple de Dieu. La situation actuelle, caractérisée par la terreur des gangs, concerne tout le monde. Le débat d’aujourd’hui ne doit pas exclure tel ou tel secteur », a fait remarquer le directeur de la Pastorale universitaire de l’archidiocèse de Port-au-Prince.

Intervenant à l’émission Le Point sur Télé Métropole ce mercredi, Frantzy Petit-Homme en a profité pour critiquer le silence des secteurs qui préfèrent défendre la cause de leurs groupes respectifs en dehors de l’esprit global de la société.

« On ne peut pas penser à une solution personnelle pour résoudre un problème global. On ne peut pas être en sécurité dans un pays où l’insécurité est généralisée. Il faut briser cet esprit d’égoïsme en matière de sécurité personnelle », a-t-il sensibilisé. « Pourquoi on n’arrive pas à s’unir au moins à ce niveau contre un phénomène qui nous détruit globalement ? », s’interroge le père Petit-Homme.

Selon le directeur de la Pastorale universitaire de l’archidiocèse de Port-au-Prince, l’Université devrait dire quelque chose face à la dégradation du climat sécuritaire du pays. « On ne peut pas évoluer dans une société où la force intellectuelle ne dit rien. II faut des propositions, des réflexions venant d’une institution qui garde une certaine crédibilité pour pouvoir faire l’unanimité », a insisté le prélat Frantzy Petit-Homme.

À l’occasion de son 13e Congrès universitaire, la Pastorale universitaire de l’archidiocèse de Port-au-Prince a décidé de réfléchir sur l’insécurité les samedi 14 et dimanche 15 mai 2022, à Port-au-Prince. « L’engagement de l’université dans la lutte contre l’insécurité », tel est le thème retenu cette année.

Le père Petit-Homme reste convaincu qu’il y a toujours une possibilité de s’en sortir. « Ce qui se passe dans le pays n’est pas une affaire d’Eglise. C’est une responsabilité sociale. L’État ne pourra jamais corriger seul cette dérive. Faudrait-il que toute la société s’unisse comme moyen de pression sur l’État ou bien aux côtés de lui pour y arriver ». « Les jeunes que vous voyez avec les armes en main représentent le fruit de la mauvaise gestion non seulement de l’État, mais encore d’autres secteurs, dont l’Eglise », a-t-il concédé.



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