Crise politique/Dialogue

Formation d’un comité de médiation pour encourager les négociations politiques

Publié le 2022-05-02 | lenouvelliste.com

A l’issue d’une rencontre au cours du mois de mars dernier entre la représentante du secrétaire général de l’ONU en Haïti, Helen La Lime, et des responsables d’organisations politiques signataires de divers accords, il a été décidé de former une commission de dialogue devant jouer le rôle d’intermédiaire. Ces acteurs politiques ont fait choix de monseigneur Ogé Beauvoir de Religions pour la paix, Laurent St Cyr du secteur privé des affaires et de Jean Robert Charles de la CORPURA pour former cette structure.

« Le Comité de médiation, constitué de Religions pour la paix-Haïti, de la Chambre de commerce et d'industrie d'Haïti (CCIH) et de la Conférence des recteurs, présidents et dirigeants des universités et institutions d'enseignement supérieur haïtiennes (CORPUHA), suite à des pourparlers avec des représentants de partis politiques de différentes sensibilités et du gouvernement, informe la communauté nationale et internationale qu'un processus de médiation est en cours, depuis le jeudi 28 avril 2022. Des rencontres ont déjà eu lieu avec de nombreux partis et regroupements politiques, en présence de représentants d'organisations de la société civile, de plusieurs départements géographiques, jouant le rôle d'observateurs », ont informé dans un communiqué Mgr Ogé Beauvoir, Laurent St Cyr et Jean Robert Charles.
 

« Jusqu'ici, nous avons constaté que cette démarche répond à un réel besoin de dialogue et de concertation, à un désir d'entente et de dépassement, en vue de sortir le pays de cette crise politique qui a trop longtemps duré et de cette violence aveugle, qui terrorise la population et menace l'existence même de la nation haïtienne », ont expliqué les membres du comité de médiation, qui invitent tous les secteurs de la vie nationale à appuyer ce processus de dialogue, « essentiel à l'établissement d'un climat de sécurité et d'apaisement au sein de la population et au développement économique et social du pays. »

Tout a commencé à la suite d’une rencontre avec la représentante du secrétaire général de l’ONU en Haïti et de responsables d’organisations politiques signataires de divers accords le mois dernier. Les participants à la rencontre avec Helen La Lime n’y ont pas assisté au nom des accords dont ils font partie, mais à titre personnel. La cheffe du BINUH, selon l’ancien député Antoine Odon Bien-Aimé, a voulu mettre ensemble des signataires de différents accords politiques afin d’arriver à un consensus.

Liné Balthazar de PHTK, signataire de l’accord du 11 septembre ; Josué Pierre-Louis, secrétaire général du Palais national ; Marie Denise Claude et Antoine Odon Bien-Aimé, signataires du consensus politique PEN-Montana ; l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus ; l’ancien député Jerry Tardieu, président du parti En Avant ; Magalie Georges, signataire de l’accord de Montana ; le syndicaliste Me Bonal Fatal ; le pasteur Clément Joseph de Religions pour la paix ; Laurent St Cyr du secteur privé des affaires et Jean Robert Charles de la Corpuha, entre autres, avaient pris part à cette rencontre avec Helen La Lime, ont rapporté au journal des participants.

« Ce sont les responsables d’organisations politiques qui, par la suite, avaient fait choix de monseigneur Ogé Beauvoir de Religions pour la paix, Laurent St Cyr du secteur privé des affaires et de Jean Robert Charles de la Corpuha pour constituer la commission de dialogue. Il n’a jamais été question du Premier ministre Ariel Henry », ont confié au Nouvelliste des sources proches du comité de médiation.

Les membres de cette nouvelle structure de facilitation du dialogue ont eu une rencontre avec le Premier ministre Ariel Henry « qui a dit appuyer la démarche et accepter la logique de dialogue avec les autres parties… », a révélé notre contact au sein du comité de dialogue.

Au cours des rencontres entre les responsables des partis politiques et les membres du comité de dialogue, la question de financement a suscité  beaucoup de frictions. « Les membres du comité ont clairement fait savoir qu’ils n’accepteraient pas le financement de particuliers ni de partis politiques, puisque les responsables de partis politiques ont voulu eux-mêmes financer la commission. Le comité a rétorqué en optant un financement par l’État avec les taxes de la population », ont expliqué au journal nos sources proches du comité.



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