Malaise entre des signataires de l’accord du 11 septembre et le Premier ministre Ariel Henry

Une réunion s’est tenue le mercredi 12 janvier 2022 entre des membres de l’accord du 11 septembre pour une évaluation des agissements du gouvernement au regard des clauses. Les signataires ont relevé des violations de « cet accord qui devait assurer la légitimité d’Ariel Henry après le 7 février 2022 ».

Publié le 2022-01-14 | lenouvelliste.com

Cinq mois après la signature de l’accord du 11 septembre 2021, des signataires commencent à manifester leur incommodité. Cet inconfort est dû, suivant les propos d’Abel Descolines, membre du Collectif des anciens députés de l’opposition et alliés (CADOA), au non-respect de certains points de l’accord. « Nous avons constaté qu’il y a violation de l’accord et qu’il n’est pas appliqué dans son intégralité » a déclaré l’ancien député de Mirebalais le vendredi 14 janvier 2022 à la matinale de Magik 9.

 Parmi les points qui ont été violés, CADOA et d’autres signataires de l’accord ayant pris part à la réunion ont évoqué « l’ensemble des décisions unilatérales prises par le chef du gouvernement depuis la mise en œuvre de l’accord », a rapporté Abel Descolines, estimant que le Premier ministre a manqué d'égard envers les signataires de l’accord du 11 septembre. « Le 7 janvier 2022, le Premier ministre a rencontré les adhérents à son accord. Certains lui ont signifié que l’ancien régime a, jusqu’à présent, le contrôle de l’appareil de l’Etat. Il leur a répondu qu’il n’a pas encore d’engagement avec personne ni aucun secteur, qu’il n’a encore entrepris aucune discussion avec quiconque autour d’éventuels changements au niveau des directions générales », a fait savoir l’ex-député de Mirebalais. Abel Descolines a fait savoir que trois jours plus tard, les parties prenantes de l’accord ont appris via le journal officiel du pays, Le Moniteur des changements opérés au sein du gouvernement. « Ce n’est pas une façon de traiter dans le cadre d’un accord consensuel avec des partenaires », a déploré le membre de CADOA, qui dit n’avoir aucun membre dans le gouvernement replâtré d’Ariel Henry.

Les signataires de l’accord du 11 septembre se sont penchés également sur l’après 7 février 2022 à l’occasion de la réunion. Abel Descolines a rappelé qu’Ariel Henry a été nommé Premier ministre à la faveur d’un arrêté du président Jovenel Moïse, précisant que c’est à cette nomination que les acteurs politiques ont adhéré. L’ex-député croit que l’accord du 11 septembre « était censé assurer l’après 7 février pour le Premier ministre ». « Pendant que le premier ministre et les signataires devaient travailler à d’autres adhésions, malheureusement force est de constater que depuis l’adoption de l’accord, il est dans l’impasse puisque des signataires estiment que ça va mal », a soutenu l’ancien député. Abel Descolines a invité Ariel Henry à rectifier le tir. 

Interrogé sur l'éventuelle sortie de CADOA de l’accord, Abel Descolines a annoncé que la structure politique et d'autres entités sont en pleine concertation, estimant qu’ils ne peuvent se taire devant des dérives et des décisions unilatérales du chef de la Primature. Abel Descolines a rappelé que l’article 2 de l’accord du 11 septembre avait laissé une porte ouverte à une adoption d’un gouvernement bicéphale.    



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