Joséphine Baker, l’icône de deux amours, son pays et Paris, entre au Panthéon

Publié le 2021-11-29 | lenouvelliste.com

On se souviendra que le mardi 30 novembre 2021, sur décision du président de la République française, Emmanuel Macron, Joséphine Baker entrera au Panthéon. Dans  ce monument de style néo-classique situé dans le 5e arrondissement de Paris, au cœur du Quartier-Latin, sur la montagne Sainte-Geneviève où reposent les mânes des plus illustres qui ont fait la gloire de la France, Joséphine Baker, cette artiste d’origine américaine aux multiples talents (chanteuse, danseuse, actrice, meneuse de revue), rejoindra la galerie des légendes qui ont touché l’âme des Français et rendu de grands services à la république. On citera Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Louis Braille, Sadi Carnot, Émile Zola, Jean Jaurès, Jean Moulin, Jean Monnet, Pierre et Marie Curie, André Malraux, Alexandre Dumas, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay, Pierre Brossolette, Simone Weil et son époux Antoine Weil et Maurice Genevoix.

À cette occasion, on notera que le corps de la défunte ne fera pas le voyage vers Paris, il restera où il a été enterré, au cimetière marin, à Monaco. Un monument funéraire est élevé à la gloire de Joséphine Baker.

Joséphine Baker, de son vrai nom Freda Josephine McDonald, cette gloire des années folles, qui rejoint le temple républicain de l’Hexagone, pour le public haïtien, est connue comme une danseuse de music-hall.

En Haïti, il fut un temps que les stations de radio jouaient, à longueur de journée, cette chanson fétiche composée par Vincent Scotto: J’ai deux amours. Succès planétaire.

On dit qu'au-delà des mers
Là-bas sous le ciel clair
Il existe une cité
Au séjour enchanté
Et sous les grands arbres noirs
Chaque soir
Vers elle s'en va tout mon espoir

J'ai deux amours
Mon pays et Paris
Par eux toujours
Mon cœur est ravi

Ma savane est belle
Mais à quoi bon le nier
Ce qui m'ensorcelle
C'est Paris, Paris tout entier

Le voir un jour
C'est mon rêve joli
J'ai deux amours
Mon pays et Paris

Ce qui m'ensorcelle
C'est Paris, Paris tout entier
Le voir un jour
J'ai deux amours
Mon pays et Paris.

Beaucoup d’Haïtiens qui ont connu la cité de l’Exposition, le charme de l’île tant convoitée, portent au cœur Freda Josephine McDonald, comme une enfant de la terre de la liberté où le nègre s’est mis debout pour crier liberté ou la mort.

Dans «Zouzou», une scène du film du réalisateur français Marc Allégret, l’inoubliable artiste « Aux deux amours» avait chanté avec sa voix de velours, un hymne à l’amour pour Haïti.

« Ah ! Qui me rendra mon pays : Haïti. 

C’est toi mon paradis : Haïti.

Dieu me rappelle tes forets si beaux.

Tes grands horizons.

Loin de tes rivages,

la plus belle cage n’est qu’une prison.

Oui, mon désir, mon cri d’amour: Haïti.

C’est de revenir un jour.

Oh, beau pays bleu.

Bien loin, bien loin sous d’autres cieux.

Je vivais des jours heureux.

Mais tout est fini.

Seule dans mon exil aujourd’hui,

je chante le cœur meurtri.

Oui ! Mon désir, mon cri d’amour, Haïti.

C’est de te revenir un jour Haïti»

Joséphine Baker est née aux Etats-Unis le 3 juin 1906 à Saint-Louis, dans le Missouri. Elle est morte en France, son pays d’adoption, le 12 avril 1975. Elle aimait tellement la France que durant la Seconde Guerre mondiale elle est entrée dans la résistance pour jouer sa partition.

À l'origine de la pétition pour l'entrée de Josephine Baker dans cette nécropole laïque, l'essayiste français Laurent Kupferman, a mis son poids dans la balance. Dans une interview accordée à France info, il a déclaré : «c'est la reconnaissance du parcours d'une femme exceptionnelle qui est, à bien des égards, un exemple». En effet, en 1939, lorsque la guerre a débuté, elle rend visite à Jacques Abtey, un officier du service de renseignement et du contre-espionnage français et lui dit tout de go:” La France m'a tout donné, je lui donne ma vie, faites de moi ce que vous voulez." Celle qui entre dans ce haut lieu de la mémoire nationale, incarne les valeurs de la république et a risqué sa vie pour la France.



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