Ouverture à Glasgow de la COP26, la COP de la dernière chance pour limiter la crise climatique

Ouverture en grande pompe de la 26e Conférence des parties sur le climat des (COP26) à Glasgow, en Écosse le lundi 1er novembre, sur fond d’appels pressants pour faire de cette conférence sur le climat un succès. À ce stade, déplorent les scientifiques et les activistes, les engagements ne suffisent pas.

Publié le 2021-11-03 | lenouvelliste.com

La scène du Scottish Campus Event, le centre d’exposition de Glasgow et siège des négociations de la COP26, a vibré entre les 1er et 2 novembre au rythme des déclarations de 120 dirigeants mondiaux qui devaient donner le ton aux discussions. Les dirigeants du monde entier vont ainsi se succéder à cette tribune, durant ces deux jours, afin de présenter les engagements climatiques de leurs pays respectifs.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a été le premier à prendre la parole à Glasgow, suivi notamment de Joe Biden et d’Emmanuel Macron lors de la cérémonie d’ouverture de ce sommet sur le climat dont l’objectif consiste à négocier et s’engager plus concrètement afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

« Les générations futures ne nous pardonneront pas si nous échouons à lutter plus efficacement contre le changement climatique car ce sont elles qui en paieront le prix », a prévenu le Premier ministre Boris Johnson dans son discours inaugural.

Le chef du gouvernement britannique a ensuite réitéré les objectifs fixés par la présidence britannique de la conférence sur le climat, à savoir que la conférence signe la fin de la vente de voitures thermiques neuves, fixe une date définitive de sortie du charbon, parvienne à un objectif de planter des milliards d’arbres à travers le monde et marque un rehaussement des financements des pays riches vers les pays les plus vulnérables au changement climatique.

Pour cette 26e édition de ce sommet mondial, la délégation haïtienne a été conduite par le ministre James Cadet, actuel titulaire du ministère de l’Environnement (MDE), qui s’en va plaider la cause des pays vulnérables et aussi interpeller les pays développés – grands pollueurs de la planète – sur leurs engagements vis-à-vis des petits États insulaires frappés de plein fouet par les aléas climatiques.

Très attendu sur de nouveaux engagements, le Premier ministre indien Narendra Modi a annoncé pour la première fois un objectif de neutralité carbone pour son pays, mais pas avant 2070. Narendra Modi a également exprimé sa volonté de pousser l’Inde,  troisième plus gros pollueur au monde, à émettre un milliard de tonnes de carbone d’ici à 2030 et que 50% de l’énergie du pays soit fournie par des sources renouvelables d’ici là.

Le président américain, Joe Biden, a déclaré que les États-Unis étaient « de retour autour de la table », énumérant les engagements pris ces derniers mois sur les financements aux pays vulnérables, ou les réductions d’émission de carbone, mais sans annoncer de nouvelles mesures.

Dans son allocution, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé ce lundi les participants à la COP26 à « sauver l’humanité ». Dimanche, il ne masquait pas son scepticisme après que les dirigeants du G20 se sont entendus sur un objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.

 « Soyons clairs, il y a un risque important que Glasgow ne tienne pas ses promesses », a alerté le secrétaire général de l'ONU, tirant ainsi la sonnette d'alarme. « Certaines annonces récentes sur le climat ont pu donner l'impression d'un tableau plus positif. Malheureusement c'est une illusion (...). Si nous voulons un succès - et pas juste un mirage - nous avons besoin de plus d'ambitions et de plus d'actions », a-t-il plaidé.

Les différents États ont jusqu’au 12 novembre pour réfléchir à comment réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre. Un moment décisif, selon les scientifiques, pour éviter un réchauffement catastrophique de la planète.  

Cette conférence internationale sur le climat est présentée comme étant « le dernier et le meilleur espoir » de parvenir à limiter le réchauffement de la planète à +1,5 °C, l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris, a insisté son président, Alok Sharma, à son ouverture dimanche.

« L'humanité est face à des choix difficiles, mais clairs », a de son côté souligné la responsable climat de l'ONU, Patricia Espinosa. « Nous pouvons choisir de reconnaître que continuer les choses telles qu'elles sont ne vaut pas le prix dévastateur que nous devons payer et mettre en place la transition nécessaire, ou alors accepter de participer à notre propre extinction », a-t-elle prévenu.

L'Accord de Paris vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement bien en-deçà de +2 °C par rapport à l'ère pré-industrielle, si possible +1,5 °C. Mais avec les tendances actuelles, les experts climat de l'ONU (Giec) ont mis en garde contre le risque d'atteindre +1,5 °C autour de 2030 et les engagements climat des États mènent vers un réchauffement catastrophique de 2,7°C.



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