Pour Me Madistin, « l’indécision au sommet de l’État renforce l’insécurité que nous avons actuellement »

Le président de la Fondasyon Je Klere, Me Samuel Madistin, intervenant à Panel Magik le dimanche 17 octobre 2021, a rappelé que le chantier sécuritaire devrait être la priorité de tout gouvernement ou toute personne qui accède au pouvoir après l’assassinat de Jovenel Moïse. Il en a profité pour appeler les différents acteurs à trouver une solution rapide qui puisse permettre à l’État de recommencer à fonctionner, car l’indécision à la tête de l’État renforce l’insécurité que nous avons actuellement.

Publié le 2021-10-20 | lenouvelliste.com

« Je ne suis partie à aucun accord », a déclaré Me Samuel Madistin, qui dit être actuellement dans une posture d’observation. Pour lui, les accords qui sont sur le tapis sont illogiques et irrationnelles. Chacun d’entre eux présente ses failles et les acteurs devraient en avoir conscience. « Pourquoi avoir un exécutif bicéphale où l’on risque d’avoir des conflits permanents sans moyen de les résoudre ? Comment n’avoir qu’un Premier ministre alors que nous sommes dans cette situation exceptionnelle où il n’y a pas de Parlement, source de la légitimité du Premier ministre selon la Constitution ?  Comment décider de ne pas avoir un président à la tête du pays, la présidence étant le symbole le plus puissant dans l’histoire politique d’Haïti ? », s’est interrogé le président de la Fondasyon Je Klere.

Cependant, en dépit de leur imperfection, il insiste pour signaler qu’il y a une impérieuse nécessité de trouver un accord global et de l’appliquer. « Il faut un cadre qui permette au pays de recommencer à fonctionner au plus vite. Il faut se décider et avancer. En politique, une mauvaise décision est bien meilleure que l’indécision qui crée l’incertitude de laquelle résulte d’autres problèmes. L’indécision à la tête de l’État renforce l’insécurité que nous avons actuellement », a avancé Me Samuel Madistin. L’homme de loi se désole de voir toutes ces tergiversations pour trouver un accord unique alors que le pays continue de s’enliser dans la crise. Selon lui, beaucoup ne réfléchissent pas en ayant à cœur le bien-être du pays mais plutôt la façon de faire leur beurre dans un gouvernement de transition en attendant les élections.

Pendant ce temps, dit-il, sur le plan sécuritaire, le pays vit des moments extrêmement difficiles, avec une situation qui se dégrade, des bandits qui imposent leur volonté un peu partout et défient les forces de police régulières. « La police n’a pas d’unités spécialisées formées à la prise d’otages qui puissent intervenir dans les zones difficiles. La ville n’est pas quadrillée et est presque livrée aux bandits. Tout le monde a peur et il n’y a aucune autorité avec une parole rassurante qui puisse donner espoir. Il n’y a pas de dirigeants, ni de responsables dans ce pays », a martelé Me Samuel Madistin, qui ne voit aucun répit même avec le renouvellement du mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti ( BINUH ) le 15 octobre dernier.

Sur ce point, il a dénoncé le gaspillage des ressources, l’irresponsabilité qui caractérise les interventions des Nations unies en Haïti, cette forme de coopération improductive que nous entretenons depuis de trop longues années avec l’ONU et la communauté internationale qui se montre insouciante face aux dangers auxquels nous faisons face. « Les Nations unies ne vont pas résoudre les problèmes de sécurité à notre place. C’est nous qui devons nous attaquer au problème de l’insécurité comme il le faut, déterminer nos besoins et les solutions à y apporter », a rappelé Me Madistin, qui croit que le chantier sécuritaire devrait être la priorité de tout gouvernement ou toute personne qui accède au pouvoir après l’assassinat du président Jovenel Moïse dans sa chambre le 7 juillet dernier.  



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