L’économie continue de s’enfoncer dans l’oubli

Publié le 2021-09-17 | lenouvelliste.com

Pour remettre le pays sur les rails, des décideurs politiques, des leaders politiques et de la société civile sont passés en mode accord. Ils veulent trouver des accords sur la gouvernance, les élections, le remaniement du Conseil électoral provisoire (CEP) et du gouvernement... C’est bon d'obtenir un consensus. Cependant, les politiciens sont sur le devant de la scène. Ce sont toujours eux qui décident de l’avenir du pays. Plus tard, ils seront là pour tout gâcher. Ceux qui portent l’économie sur leurs épaules revendiquent leur droit de participer aux rencontres. Ils ne sont même pas consultés. Pourquoi les acteurs économiques ne sont pas sur la table des discussions ? Le secteur des affaires ne s’intéresse-t-il pas aux affaires du pays ?

Les acteurs politiques sont animés uniquement de la volonté de prendre ou de conserver le pouvoir. En Haïti, ceux qui accèdent au pouvoir ces derniers temps ont fini par prospérer. Ils ne se soucient pas de l’économie nationale. Il suffit de jeter un œil sur les indicateurs économiques. Le pays enregistre une croissance négative pendant deux années consécutives et n’est pas sur la bonne voie pour renouer avec la croissance positive cette année. L’inflation, la décote de la gourde, les déficits jumeaux ne suscitent pas de débats. Les pertes d’emplois, la fermeture des entreprises ne disent pas grand-chose à ceux qui veulent accaparer le pouvoir politique.

Il y a une économie qui s’en va en lambeaux et il paraît que personne ne veuille récolter les morceaux pour les ajuster. Personne n’accepte de remplir son devoir avec enthousiasme. Il faut avoir un budget rectificatif pour cet exercice. Depuis le mois d’avril, le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, l’avait annoncé dans un discours prononcé lors du Sommet international de la finance. À quelques deux semaines de la fin de l’exercice fiscal, le budget rectificatif se fait encore attendre. De plus, un nouvel exercice va débuter le 1er octobre prochain pour lequel il faudrait avoir un nouveau budget. L’équipe gouvernementale va-t-elle doter le pays d’un nouveau budget ?

Il n’y a pas de nouvelles perspectives envisagées qui soient publiquement connues pour l’économie.  Certains entrepreneurs désespérés envisagent d’aller implanter ailleurs leur business. Ils ne peuvent pas faire des profits dans un pays où l’instabilité politique et l’insécurité deviennent la norme. Ces entrepreneurs paient les impôts pourtant ils n’exigent pas des autorités un climat des affaires où il est possible d'accroître leurs affares. Les associations patronales, les chambres de commerce se murent dans leur silence au moment où elles devraient se prononcer et agir. Certains reprochent aux entrepreneurs leur manque d’engagement. Est-ce la raison pour laquelle la classe d’affaires ne figure pas au premier rang quand il s’agit de décider de l’avenir du pays ?   

Tant que l’économie ne constitue pas une priorité, tant que les acteurs économiques ne font pas valoir leur importance, ce sera difficile de faire sortir le pays de l’ornière actuelle. Les acteurs économiques, les institutions bancaires et financières, les institutions commerciales devraient profiter de ce momentt instant où les acteurs politiques et de la société civile veulent trouver un consensus pour exiger leur participation aux discussions, pour demander aux politiciens et aux acteurs politiques de protéger les biens publiques et privés, les entreprises, les écoles quand ils gagnent les rues pour revendiquer quelque chose. Les agents économiques sont les mieux placés pour exposer les problèmes auxquels ils font face notamment sur le plan sécuritaire. Pour redorer le blason de l’économie, les agents économiques demeurent des acteurs incontournables. En outre, l’économie doit figurer dans le menu lorsqu’il s’agit de redresser la barque du pays. 



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