L’Asile attend des hangars pour la rentrée des classes…

Publié le 2021-09-13 | lenouvelliste.com

Le dos tourné à Vieux bourg d’Aquin, les premières pentes du morne Oko sont en vue. L’Asile n’est plus très loin. « Tournez à gauche, vous y serez dans une vingtaine de minutes », indique un jeune homme rencontré au bord d’un sentier poussiéreux, le 6 septembre 2021.

En ville comme en périphérie, les traces du séisme sont visibles. À un jet de pierre de la rivière, aux portes de cette ville des Nippes, on tombe sur les ruines d’un bâtiment qui emprisonnent une maison. D’autres ruines jonchent les rues escarpées de l’Asile qui finit de compter ses morts et de constater les dégâts matériels. « 53 personnes ont été emportées par le séisme. 33 cadavres ont été retrouvés », confie au Nouvelliste Éphéta Ambroise, agent exécutif intérimaire, rencontré à la mairie de l’Asile, alors que le soleil s'apprêtait à atteindre son zénith.

 « 1 000 maisons ont été détruites et 5 000 autres endommagées au centre-ville et dans les quatre sections communales de l’Asile », poursuit-elle, mettant l’emphase sur la section communale Changeux. « C’est la section la plus touchée », affirme madame Ambroise. « Nous vivons un drame », résume le curé de la paroisse de St-Joseph, le père Luckson Siméon. Le curé est touché par l’ampleur de la catastrophe sur la communauté, sur l’église et des infrastructures scolaires. « Voyez par vous-même », poursuit le religieux, en face d’un tracteur de la Direction départementale des Nippes (DDNI) des TPTC, à l’arrêt après avoir déjà déblayé la majeure partie des ruines de l’église St-Joseph.

Au ballet de véhicules SE et d’ONG dans la cour de l’église qui surplombe la ville se mêlent les coups de masse de deux jeunes hommes. Ils font tomber un pan de mur de l’école presbytérale St-Joseph de l’Asile. 6 des 12 salles de classe de cette école se sont effondrées. Les 6 autres seront démolies, confie le père Luckson Siméon dont le premier défi est la réouverture des classes. 900 écoliers étaient inscrits pour l’année académique. « Nous n’attendons pas l’Etat. Nous déblayons pour voir si nous pouvons mettre des tentes afin de rouvrir le 4 octobre », s'inquiète le religieux, ouvert aux donations des mécènes. L’école reçoit des enfants de condition humble venus des quatre sections communales, indique-t-il, soulignant que la réouverture de l’école est importante. Elle peut aider à faire vivre la communauté. Le curé estime qu’il faut aider les parents. Récemment, Caritas a mis sur pied un programme Cash for work. En ciblant les plus nécessiteux, ce programme a permis la circulation d’un peu d’argent dans la communauté.

Le père Luckson Siméon soutient qu’il doit se creuser la tête, chercher les moyens, donner l’exemple aux autres écoles. Le directeur de l’EFACAP de l’Asile, Morino Guersony, interrogé par le journal, confie avoir déjà fait le nécessaire pour faire déblayer une aile de l’établissement qui s’était effondrée. Pour accueillir les 400 écoliers scolarisés, il faut des hangars. Une mission du ministère de l’Éducation nationale s’était rendue à l’Asile, indique Morino Guersony. Construit il n’y a pas longtemps, le lycée St-Joseph n’a pas subi d’importants dommages.



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