La communauté internationale a tranché, à quel prix ?

Publié le 2021-07-19 | lenouvelliste.com

Après avoir eu l’aval des Nations unies ou de Helen La Lime, la représentante du secrétaire général de l’organisation onusienne en Haïti, le Premier ministre a.i. Claude Joseph n’a pas pu aller jusqu’au bout de son rêve de diriger le pays jusqu’à l’installation d’un président élu. Des sources concordantes annoncent pour le mardi 20 juillet l’installation du Premier ministre nommé Ariel Henry. La décision de Claude Joseph de se retirer de la Primature fait suite à un communiqué du Core Group, le week-end écoulé, demandant à Ariel Henry de former un gouvernement inclusif.

On ignore à quel prix le Premier ministre nommé par le président Jovenel Moïse avant son assassinat a eu gain de cause dans le conflit l’opposant au Premier ministre a.i. Claude Joseph dans la course à la Primature. Mais on sait qu’Ariel Henry n’a pas encore trouvé le consensus qui devrait lui permettre de former un gouvernement inclusif comme le lui demande le Core Group. Le nouveau chef du gouvernement pourra-t-il trouver ce consensus ? Il n’est pas non plus inutile de se demander si Ariel Henry est effectivement à la recherche d’un accord politique pour diriger le pays après avoir obtenu le soutien de la communauté internationale.

On doit attendre pour avoir la réponse, mais ce serait une erreur fatale du nouveau Premier ministre de croire que la bénédiction de la communauté internationale est suffisante pour relever les défis actuels du pays. N’ayant pas la bénédiction du Parlement, nommé en marge de la Constitution, Ariel Henry arrivera à la Primature avec de grands déficits. En plus, les défis qui l’attendent sont gigantesques. Un consensus sur la gouvernance du pays se révèle alors nécessaire.

D’ailleurs, la principale mission du gouvernement Henry qui consiste à organiser des élections générales en vue de doter le pays d’autorités légitimes et constitutionnelles ne pourra pas être accomplie sans la participation de tous les secteurs. Des élections qui ne seront pas possibles sans la mise en place d’un Conseil électoral de consensus et l’amélioration des conditions sécuritaires du pays. Pour y arriver, les nouvelles autorités auront besoin du support de la communauté internationale, mais surtout de la participation des secteurs vitaux du pays.

Trouver un accord politique dans le contexte de polarisation actuel ne sera pas une mince affaire, mais c’est la route à prendre si l'on veut résoudre durablement la crise multiforme qui ronge la société haïtienne et aggrave nos maux. Beaucoup d’acteurs se prononcent en faveur d’un tel consensus. Le Premier ministre Ariel Henry doit les prendre au mot et tester leur bonne foi.

Ariel Henry arrive à la Primature dans un contexte de crise aiguë. Pour avoir été d’abord ministre des Affaires sociales et du Travail, puis ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales sous la présidence de Michel Martelly, Ariel Henry connait les défis qui l’attendent. On veut croire qu’il dispose d'un plan pour les relever. Vu le niveau de dégradation de la crise sociopolitique marquée par la résurgence du kidnapping, la rareté de carburant dans les stations d’essence et l’augmentation continue du coût de la vie sur fond de la dépréciation accélérée de la gourde, Ariel Henry devra agir avec célérité.



Réagir à cet article