Peut-on mettre l’économie de côté ?

Publié le 2021-07-21 | lenouvelliste.com

Dans les journaux, l’enquête sur l’assassinat de l'ex-président Jovenel Moïse qui a été assassiné chez lui dans la nuit du 6 au 7 juillet fait les manchettes. Les autorités gouvernementales et étatiques qui interviennent à maintes reprises sur ce sujet dans la presse ne respectent pas les principes relatifs au secret de l’instruction. Ils ne parlent que de l’enquête. Des médias se laissent prendre à ce petit jeu. Aujourd'hui plus que jamais, la politique est le seul sujet qui domine l'actualité pendant que les questions d’ordre économique sont étouffées.

La rareté des produits pétroliers dans les stations qui provoquent le marché noir n’est-elle pas un sujet d’intérêt public? Pourquoi le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD), qui s’occupe des commandes, n’informe pas le public de ce problème ?  L’essence est rare dans les stations mais disponibles sur les trottoirs et parfois à quelques mètres d’une station d'essence. Les produits pétroliers se vendent au prix fort jusqu’à 1 000 gourdes le gallon et même plus dans les régions les plus reculées. Pour le ministère du Commerce et de l’Industrie, c’est le temps des vacances, semble-t-il. Plusieurs centrales électriques risquent d’être dysfonctionnelles en raison d'un manque de carburant dans l’indifférence générale.         

Les arriérés de salaire dans l’administration publique ne sont pas honorés depuis quelque temps. Des contractuels ne perçoivent pas leur salaire depuis environ sept mois. Des employés ne le reçoivent pas à temps. La situation est d'autant plus dramatique que le salaire est le principal revenu d'une bonne partie de ces gens. Le ministère de l’Economie et des Finances se penche-t-il sur ce problème ? Depuis quand les employés et les contractuels de l’administration ont-ils reçu leur salaire ?

Il y a également cette situation de blocage des marchandises qui ne peuvent pas circuler librement au niveau de plusieurs quartiers de la région métropolitaine. Depuis plus de quarante-cinq jours les camions de marchandises (fer, ciment, boisson, produits alimentaires…) ne peuvent pas traverser le quartier de Martissant pour aller vers le grand Sud (la région des Palmes, les départements géographiques du Sud, du Sud-Est, des Nippes et de la Grand-Anse). En outre, il y avait aussi l’impact de la fermeture des frontières entre le pays et la République dominicaine qui commençait à se faire sentir.

La semaine écoulée, un camion-citerne qui contient du diesel a été la cible des gangs armés à seulement quelques mètres du sous-commissariat de Martissant. Le conducteur a finalement abandonné le camion en panne alors que le contenu de la citerne percée par des projectiles a coulé pendant toute une journée  sur une chaussée mal entretenue, trouée et sale. Comme pour le «pays en dehors», ce qui se passe à Martissant, à bas Delmas, à Bel-Air, à Cité Soleil ne préoccupe nullement ni  la Police nationale d’Haïti, ni la Primature, ni  le ministère de l’Intérieur, ni le bureau du secretaire d’Etat de la Sécurité publique. Cette situation d’insécurité qui prévaut dans la capitale met quasiment en veilleuse l'activité économique.

Par ailleurs, un rapport de quelques organes des Nations unies fait état d’une augmentation du nombre de personnes en insécurité alimentaire dans le monde en raison de la pandémie. Haïti faisait déjà partie des pays ayant besoin d’une aide interne pour réduire le nombre de personnes vivant dans l’insécurité alimentaire. Depuis ces dernières années, Haïti fait face à une aggravation de la situation de l’insécurité alimentaire. Quand des organismes comme la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) sonnent l’alerte, quelles sont les mesures prises par les autorités ?  

       



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