La mort du président Moïse

Publié le 2021-07-09 | lenouvelliste.com

Jovenel Moïse est mort. Assassiné. Chez lui. 

Le président a été tué à l’issue d’une opération chirurgicale qui n’a fait qu’une seule blessée : sa femme, Martine Moïse.

Le président de la République d’Haïti en fonction, gardé par une garnison d’hommes en armes, a été victime d’une action violente, sans qu’aucun de ses fidèles ne vole à son secours.

C’est inimaginable. Énorme. Incroyable.

Quand le pays s’est réveillé à l’aube du 7 juillet 2021 avec ces informations gravissimes, une chape de saisissement a tout enveloppé : les personnes, les animaux et les choses. 

Pas un bruit. Pas un cri. Pas une larme. 

Le temps n’était pas aux expressions bruyantes ni à la peine visible. Le pays a retenu son souffle. 

Certains se sont silencieusement indignés, mais la grande majorité a simplement pris le temps de méditer sur la fragilité des choses et des êtres dans un pays de plus en plus faible, de plus en plus fragile, de plus en plus insécure pour tous.

Le président Jovenel Moïse est mort chez lui, selon le constat légal. Tout ce qui entoure les circonstances et les causes de son décès est à venir, si un jour toute la lumière est faite sur le drame. 

Au-delà de la personne du président Jovenel Moïse, c’est le pays et la nation qui se retrouvent plongés dans un vide abyssal. Les institutions sont au plus mal, les liens légaux sont minimaux, la cohésion nationale effilochée.

Il n’est pas encore venu le temps du bilan de la présidence de Jovenel Moïse, mais déjà les conséquences de sa gestion mettent Haïti devant un choix délicat : avancer sans attendre ou prendre le temps d’une concertation minimale ?

Tout paraît difficile. Les obstacles énormes. Les défis colossaux. 

La disparition du président ne facilitera rien, elle ouvre simplement de nouvelles perspectives au pays, avec des moyens toujours limités et de rares hommes qualifiés qui étaient déjà en difficulté.

Tout en présentant les condoléances de la rédaction et de la direction du quotidien Le Nouvelliste à la famille et aux alliés du président Jovenel Moïse, tout en souhaitant un prompt rétablissement à son épouse Martine Moïse et du courage au pays dans cette épreuve, il n’est pas superflu de recommander la clairvoyance et la pondération à tous.

Les problèmes d’Haïti et les risques d’un basculement vers le pire sont palpables. La dernière fois que le pays avait eu à perdre des présidents et anciens présidents de manière violente, entre 1912 et 1915, la porte avait été ouverte à tous les outrages jusqu’aux flétrissures suprêmes.



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