Assassinat de Jovenel Moïse : l'arrestation de mercenaires permet de recueillir des éléments du puzzle...

L'arrestation de mercenaires ayant assassiné le président Jovenel Moïse, chez lui, à Pèlerin 5, aux premières heures du mercredi 7 juillet 2021, permet de recueillir des éléments du puzzle.

Publié le 2021-07-09 | lenouvelliste.com

Ce jeudi, environ quarante-heures après les faits, on sait que sept présumés mercenaires ont été tués dans des échanges de tirs avec la police. Au moins quinze autres ont été appréhendés par la police qui a récupéré des armes, des munitions et d’autres objets, dont le serveur de la caméra de surveillance de la résidence du président et son chéquier personnel.

Le juge de paix suppléant de Pétion-Ville, Clément Noël, interrogé par Le Nouvelliste, a confié avoir verbalisé les corps sans vie de deux mercenaires, deux Colombiens, Mauricio Javier Romeo Medina et Duberney Capador Giraldo, à la rue Pinchinat, à Pétion-Ville.

Le juge Clément Noël a indiqué avoir verbalisé des objets retrouvés par la police dans un véhicule utilisé par les assaillants : 5 armes à feu, dont 2 pistolets 9 millimètres, des cartouches de calibre 5,56 millimètres, le serveur de la caméra de surveillance de chez le président Jovenel Moïse, un chéquier de la Banque nationale de crédit (BNC) au nom de Monsieur et Madame Jovenel Moïse, une vingtaine de sacs, des haches, des pinces coupantes, des vêtements, de la nourriture et de l’argent, 109 billets de 20 dollars US, un lot de 100 billets de 100 dollars US, un lot de 99 billets de 100 dollars US et un lot de 100 billets de 100 US, 100 billets de 50 dollars US, 32 billets de 100 dollars dans un gilet pare-balles, deux plaques de véhicule de location et le contrat de location de véhicule fait avec Avis le 6 juillet, des téléphones cellulaires entre autres, a confié le magistrat Clément Noël, qui a auditionné et ordonné la garde-à-vue de James Solages et de Joseph Vincent.

Concernant ces deux derniers cités, « ils ont dit qu’ils étaient des traducteurs. La mission était d’arrêter le président Jovenel Moïse, dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’un juge d’instruction et non de le tuer », a indiqué le juge de paix, citant les déclarations de James Solages et de Joseph Vincent. Interrogé sur le commanditaire de cette mission, James Solages a indiqué avoir « trouvé ce job sur Internet », a rapporté le juge Clément Noël.

James Solages a indiqué qu’il était en Haïti depuis un mois. Il vivait à Pétion-Ville. Quant à Vincent Joseph, il est en Haïti depuis six mois. Ce dernier a indiqué qu’il habitait à Frères. « Les mercenaires étaient en Haïti depuis environ trois mois », a révélé James Solages, cité par le juge de paix Clément Noël.

Ce jeudi aussi, le corps d’un autre présumé mercenaire a été constaté à la rue Sténio Vincent à Pétion-Ville par le juge Fidélito Dieudonné. « Blessé, il est entré dans une maison et a grimpé sur le toit. Il s’est vidé de son sang et est mort. J’ai constaté que sa dépouille était raide », a confié le juge Fidélito Dieudonné au journal. Le juge Dieudonné a indiqué qu’au nombre des mercenaires, figurent quatre Colombiens. Ils sont arrivés en Haïti le 6 juin 2021 en passant par la République dominicaine. « Ils ont tous les mêmes bottes », a observé le juge de paix Fidélito Dieudonné.

Le voile se lève sur la logistique des assaillants, et la justice, qui cherche à comprendre les causes de la défaillance de la sécurité du président Jovenel Moïse, a convoqué des responsables de la sécurité du président Moïse, dont Dimitri Hérard et le commissaire divisionnaire Jean Laguel Civil.

Dans la presse, Magalie Habitant, grande figure du PHTK et alliée du président Jovenel Moïse, a démenti être la propriétaire d’une maison à Thomassin où des mercenaires étaient hébergés. « Je n’ai rien à voir avec cette maison que j’ai laissée depuis trois mois. Je l’avais louée d'un avocat », a-t-elle expliqué dans la presse.  

Roberson Alphonse



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