Le bilan

Publié le 2021-06-21 | lenouvelliste.com

Un juge qui ne peut pas enquêter risque de finir comme le bâtonnier dont il a charge de trouver les meurtriers.

Des résidents obligés de fuir leurs demeures, leurs quartiers.

Des entreprises pillées sans intervention de la police selon la position politique ou simplement citoyenne de leurs propriétaires. « Y ap fè w peye bouch ou ».

Des millions de dollars engagés dans la propagande et de prétendus frais d’organisation d’un improbable référendum inconstitutionnel. Gaspillage d’argent, de temps.

Des voyous des deux sexes en costume ou permanentées, qui touchent des salaires mirobolants pour organiser des élections qui ne seront pas, un référendum qui ne sera pas, en tout cas jamais acceptable ni accepté, qui radotent sur des médias complices, comme si leur radotage pouvait justifier l’argent qu’ils nous coûtent et le déshonneur dont ils se couvrent.

Des routes que personne n’ose plus prendre. Sortir est devenu un risque. On ne sait sur quel parcours on rencontrera des hommes armés qui vous prendront votre véhicule, vos biens, peut-être votre vie. Pays livré au banditisme par un pouvoir qui en a fait son arme de prédilection et qui ne contrôle plus ses escadrons.

Une épidémie qui tue et une absence totale de politique sanitaire. « Chak chen… » Ceux qui le peuvent partent se faire vacciner, ceux qui sont en contact avec des réseaux se démerdent…

Une perte quasi totale de civilité. La défense de ses intérêts personnels et privés. Grandes magouilles, petites magouilles. Porte ouverte à toutes les concurrences déloyales.

Les éléments les plus conservateurs des petite et moyenne bourgeoisies, engoncés dans le mimétisme, ceux qui disent fièrement « je n’écoute que Métropole et RFI – mais pas Amélie Baron -,  ceux qui disent à leurs enfants : revendications, manifestations, voilà l’ennemi. Ceux qui ne compatissent jamais pour les gens de Bel-Air, de Cité Soleil, de Martissant, mais qui commencent à trembler quand le banditisme grimpe jusqu’à Laboule 12. Les imbéciles qui n’ont pour réaction aux problèmes sociaux que la stratégie de distance et de déconnexion.

La pauvreté et les écarts sociaux qui atteignent des degrés inacceptables à moins d’appartenir à la droite la plus odieuse.

« L’international » qui ne pense qu’à sauver la face tant certaines ambassades et les institutions internationales ont contribué à nous longer dans ce merdier au nom d’une parodie de démocratie formelle, alors que Moïse/PHTK ont donné toutes les preuves possibles de leur mépris de la forme comme de la démocratie.

L’héroïsme de ceux qui se battent, avec leurs défauts, leurs limites, pour un pays habitable pour tous dans la dignité, avec un minimum de justice et d’équité.

Au bout de dix ans de PHTK, les quatre dernières étant les pires, quel beau bilan.



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