Violence des gangs : la cheffe du BINUH dépeint la situation chaotique du pays devant le Conseil de sécurité

La représentante spéciale Helen La Lime, lors de la session du 17 juin devant le Conseil de sécurité sur le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), a présenté la situation frisant le chaos que connait actuellement le pays avec la recrudescence de la violence entre gangs. Entre le 1er février et le 31 mai de l'année en cours, ces groupes criminels, sans compter les victimes du mois de juin, dont les cinq policiers tués d’après un bilan officiel de la PNH, ont perpétré 78 homicides.

Publié le 2021-06-18 | lenouvelliste.com

À peine quelques heures après la session du Conseil de sécurité sur Haïti, les bandits armés à Delmas 6 ont affronté des agents de la police nationale suite à l’assassinat du policier Gasley Limage. Dans l’après-midi jusqu’à la tombée de la nuit, des détonations d’armes lourdes ont retenti dans la zone. Cette situation s’ajoute à des scènes de violence (sous-commissariat attaqués, policiers tués et leurs corps calcinés) observées un peu partout dans la capitale, notamment l’affrontement entre les gangs de Ti Bwa et Grand-Ravine à Martissant depuis le 12 juin, ce qui a déjà causé pas mal de victimes innocentes et poussé des milliers de personnes à fuir leurs maisons.

La représentante spéciale Helen La Lime, dans sa déclaration devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, a souligné une « recrudescence de la violence entre gangs » qui a provoqué le déplacement de centaines de familles dans plusieurs quartiers pauvres de Port-au-Prince et aggravé le sentiment d'insécurité qui est ancré au sein de la société haïtienne. Selon Mme La Lime, ces derniers mois ont été marqués par « plusieurs incidents préoccupants et de graves atteintes » aux droits humains perpétrées par « des gangs contre la population ». 

Pour un bilan partiel, Mme La Lime a indiqué qu’entre le 1er février et le 31 mai, « ces groupes criminels ont été responsables de 78 homicides et d'innombrables agressions et viols ». En outre, a ajouté la diplomate, des épisodes répétés de violence de gangs ont entraîné le déplacement de plus de seize mille personnes des quartiers métropolitains de Port-au-Prince, de bas Delmas, de Bel-Air, de Martissant, de Tabarre-Issa et de Toussaint Brave depuis le début de l'année.

Elle a insisté sur le fait que « la force de la Police nationale d'Haïti n'est toujours pas à la hauteur de la taille de la population du pays ». Toutefois, pour endiguer cet « état d'insécurité chronique », la cheffe du BINUH a rappelé qu’il est du « devoir des autorités haïtiennes de mettre fin à la violence, de protéger la population, d'assurer un accès humanitaire sans entrave aux personnes dans le besoin, de fournir une aide d'urgence aux personnes déplacées et de tenir les auteurs de tels actes responsables de leurs crimes ». 

Intervenant jeudi devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New York, le Premier ministre a.i. Claude Joseph a indiqué que le « gouvernement de la République est très conscient de l’extrême complexité de la situation et des préoccupations qu’elle peut bien susciter ». M. Joseph a assuré que des dispositions nécessaires sont en train d’être prises pour enrayer le problème du banditisme et du kidnapping et rétablir la sécurité sur toute l’étendue du territoire. Jusqu’à présent des gens continuent d'allonger la liste de ceux qui fuient la violence des gangs armés dans les quartiers populaires.



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