Jessica St-Jean nous livre « À bout de souffle »

Miss Vidéomax été 2001, Jessica Saint-Jean revient sur le devant de la scène cette année pour nous livrer un témoignage poignant sur sa vie. Dans « À bout de souffle », elle se met à nu, nous révélant les abus et violences dont elle a été témoin ou l’objet mais aussi le chemin qu’elle a dû parcourir pour se reconstruire aujourd’hui. Paru à C3 Éditions, ce livre est disponible à la 27e édition de Livres en Folie qui se déroule jusqu'au 13 juin 2021.

Publié le 2021-06-09 | lenouvelliste.com

Ceci n’est pas un roman. C’est le récit d’une vie marquée par des traumatismes très profonds. « C’est mon histoire. Sans ajout, sans exagération. C’est ma vie. J’ai changé le nom de certains personnages par respect pour leur vie privée ou parce que je voulais éviter certaines choses, mais c’est ma réalité », confie avec assurance Jessica St-Jean au cours de cette entrevue.

Il y a lieu de s’en rassurer. Certains passages de ce livre vous restent carrément au travers de la gorge. Comme les relations incestueuses entre son beau-père et la fille de ce dernier au sein même de cette famille. Pire, la fin tragique réservée à cette fille après qu’elle tombe enceinte de son propre père. On vit le drame de Jessica, qui assiste, impuissante, à la violence domestique que subit sa mère, ou encore les relations toxiques et abusives auxquelles elle doit elle-même faire face dans sa vie de jeune adulte. Tout est là, jeté sans détour sous les yeux du lecteur.

Ici ce n’est pas la forme qui compte. Ce n’est pas un chef-d’œuvre de la littérature. Ici, l’auteure s’empresse de se confier, de retourner sur ses pas pour mieux comprendre ce qui s’est passé. « Ce livre, c’est une sorte de thérapie.  C’est mon livre de combat », déclare l’auteure, qui espère que son histoire pourra aider d’autres femmes qui sont dans la même situation, qu’elle les aidera à s'en sortir. Car ce n’est guère facile, affirme Jessica, qui parle d’expérience.

En fait, ajoute-t-elle, « souvent les gens qui observent se demandent pourquoi les femmes restent dans des relations toxiques ou abusives. Pourquoi elles ne partent pas ? Ce n’est pas aussi simple que cela. Ceci mérite toute une série de réflexions, mais aussi des actions. Alors que je participais au concours et que souriais tout le temps aux caméras, mon petit ami me battait régulièrement. Souvent je devais me maquiller pour cacher les traces de gifles et de coups pour continuer à avancer. Si j’avais été trop amicale avec un artiste, si je paraissais trop gaie, il me frappait à mon retour et me menaçait de m’empêcher d’y aller le lendemain. Prendre part à ce concours était en lui-même compliqué, mais pour moi, c’était un moyen de m’en sortir ou d’échapper à la violence. Car avec les primes qui étaient destinées aux gagnants, je pensais pouvoir m’offrir une certaine indépendance. J’étais dans une situation économique précaire. Certes ma mère était à l’étranger, mais ce n’était pas la grande vie. Dès fois, j’avais du mal à payer même l’écolage. " Krab la pat gra ", comme on dit, et c’est lui qui m’aidait; ce n’était pas facile de s’en sortir comme ça », raconte celle qui, à présent, est en passe de prendre sa revanche sur la vie.

Établie au Canada depuis 2015, l’ancienne Miss a fait la paix avec elle-même, avec son passé, mais aussi avec ceux qui lui ont fait du mal ou qui n’ont pas pu la protéger. Celle qui a partagé sa scolarité entre l’Institution du Sacré-Cœur et le Collège Saint-Louis de Bourdon a suivi toute une thérapie pour en arriver là. Elle a ajouté à sa licence en relations internationales, un diplôme en services sociaux et communautaires, s’adonne au yoga, à la méditation et au vélo, et fait tout pour garder l’équilibre. Mère célibataire depuis 2017, elle a développé sa propre marque de déodorant naturel et biologique et à travers Miss Initiative qu’elle a fondé avec des anciennes Miss Vidéomax; elle poursuit sa mission d’encadrer les filles et les femmes.

Avec « À bout de souffle », l’actuelle directrice du programme de mentorat à Arise Project for Humanity signe son entrée dans le cercle des auteurs. Mieux, elle partage son histoire pour continuer à être une source d’inspiration pour les autres. Une histoire qui est racontée sans fard ni artifices et qui, comme l’a fait remarquer Cottecheese Pierre, « nous prend aux tripes ». Paru en français le 8 mars 2021, « À bout de souffle » sera bientôt traduit en anglais. 



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