Bel-Air : drame d’une femme incapable de sauver des flammes son vieux mari aveugle

Publié le 2021-04-05 | Le Nouvelliste

En sanglots, Edith Blémir, 73 ans, interrogée par Le Nouvelliste via une source sur place, explique avoir échappé de justesse à la mort, lors d’une énième attaque du gang « Krache Dife », membre du consortium de gangs dénommé G-9, jeudi 1er avril 2021.

Si elle a eu la vie sauve, son monde s’est toutefois effondré. Ses efforts pour s’échapper avec son mari ont été vains. Son mari, Franck Moléon, 81 ans, aveugle, a péri dans les flammes de l’incendie de sa maison, à la rue Monseigneur Guilloux. «J’ai essayé de le sortir de là mais je n’y ai pas pu », se lamente cette dame âgée. « Je n’ai rien pu faire », pleure-t-elle.

Edith Blémir a des brûlures à la paume de sa main droite, selon des photos obtenues par Le Nouvelliste d’un notable de la zone.

« Plusieurs maisons ont été incendiées à la rue Monseigneur Guilloux, à la rue St-Combe », a indiqué une autre source sous le couvert de l’anonymat qui fait état de plusieurs morts lors de cette énième attaque. Il y a des cadavres qui ont été emportés par le gang «Krache Dife», a-t-il confié au journal.

« Nous savons qu’il y a des blessés, des morts mais nous n’avons pas encore de chiffres », a indiqué, de son côté, Pierre Espérance du Réseau national des droits humains (RNDDH) au Nouvelliste.

C’est la troisième attaque en deux ans au Bel-Air, a rappelé Pierre Espérance, estimant que ceux qui disent que c’est un affrontement entre gangs banalisent le drame des habitants du Bel-Air.

Les gens du Bel-Air sont attaqués. Il y a des personnes armées au sein de cette population qui se sont défendues, a estimé Pierre Espérance.

L’un des responsables du camp de Solino (Teren kay Pè), Esaïe Jules, a confié que des gens du Bel-Air se sont réfugiés dans ce camp. Ils ont raconté leur drame. Ils anticipaient cette nouvelle effusion de violences, a-t-il ajouté.

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