Groupes armés/Insécurité

Jovenel Moïse appelle l'opposition à une trêve pour combattre les gangs armés

Publié le 2021-03-12 | lenouvelliste.com

Plusieurs policiers ont été tués et des véhicules blindés incendiés ce vendredi 12 mars lors d’une opération policière à Village-de-Dieu, sortie sud de Port-au-Prince, contrôlée par des gangs armés, a confirmé le président Jovenel Moïse dans une adresse à la nation en milieu de journée. Le chef de l'État, qui n’était pas en mesure de donner des précisions sur le nombre de policiers tués et la quantité de matériel pris ou détruit par les bandits, a appelé tous les secteurs clés du pays à une trêve pour combattre l’insécurité.

Contesté par les principaux secteurs du pays et l’opposition politique qui estiment que son mandat a pris fin depuis le 7 février dernier, le président Jovenel Moïse a profité de l’opération ratée de la police nationale à Village-de-Dieu, vendredi, pour appeler ses adversaires à une trêve. « Ce qui s’est passé à Village-de-Dieu aujourd’hui est révoltant », a fait savoir le locataire du Palais national avec tristesse. « Des policiers sont tombés sous les balles des bandits, des blindés ont été incendiés. Ils sont tombés sur le champ de bataille, ils sont des héros », a soutenu Jovenel Moïse.   

« Je ressens la douleur des familles des policiers tués dans l’opération à Village-de-Dieu », a soupiré Jovenel Moïse. « Aujourd’hui, je demande à tout le monde, ceux de l’opposition et ceux du pouvoir, de s’unir pour combattre l’insécurité », a lancé le chef de l’État, soulignant que l’insécurité qui s’installe actuellement dans le pays concerne tous les secteurs. « On doit s’unir pour combattre ce fléau qu’est l’insécurité. C’est cette trêve que je vous demande, les forces morales, les forces spirituelles, la jeunesse, tout le monde... Soyons unis pour combattre l’insécurité », a appelé M. Moïse.

Au gang armé de Village-de-Dieu, le président leur dit ceci : « Mesye yo ki nan Village-de-Dieu, m ap di nou ranje kò nou, m ap rive sou nou. Peyi a gen yon prezidan ki pa janm pè e ki pa lach ; kèlkeswa jan an, n ap rive sou nou », soulignant que la police et l’armée sont en train de mettre sur pied des stratégies pour contrôler les zones dites de non-droit.

 « À qui profite le crime ? », se demande Jovenel Moïse. Selon lui, l’insécurité qui sévit actuellement dans le pays n’est pas simple, rappelant que depuis environ trois jours il y a des affrontements entre la police et les bandits de Village-de-Dieu. « Combien de balles ont été tirées pendant ces deux à trois jours ? Combien coûtent ces munitions ? Combien coûtent les fusils utilisés par les bandits ?», se demande le président de la République, comme pourrait se demander n’importe quel citoyen ordinaire.

Jovenel Moïse dit avoir demandé au Premier ministre de fouiller systématiquement les conteneurs en provenance de l’étranger qui entrent au pays. Disant qu’Haïti reçoit par mois 400 conteneurs d’effets personnels, il a fait savoir que cette semaine environ 8 000 cartouches et plusieurs armes à feu ont été saisies dans un conteneur…

Le président a menacé ceux qui envoient des armes et des munitions dans le pays. « Nou pral rive sou yo fò. Sa n ap fè a se asosyasyon malfektè li ye », a-t-il lancé dans cette adresse à la nation.    

« Je demande au gouvernement de donner de l’accompagnement à cent pour cent à la police. Nou pa ka kouri pou bandi, nou pa ka kite peyi a pou bandi. Li te mèt jan l ye a n ap mete estrateji pou nou mete bandi yo "hors d’état de nuire" , a fulminé Jovenel Moïse.

Dans le prochain budget rectificatif, le président a demandé des fonds pour la prise en charge de la famille des policiers tués dans l’exercice de leurs fonctions.

Le chef de l'État a promis que les auteurs intellectuels et physiques des actes d’insécurité dans le pays seront mis hors d’état de nuire.

Le président a appelé la population à supporter la police afin qu'elle puisse faire face aux groupes armés. Jovenel Moïse en a profité pour lancer un appel au calme et à la sérénité. « Évitez ceux qui nous divisent. Le temps des luttes fratricides est révolu. Aujourd’hui, on doit se mettre ensemble pour se demander comment on en est arrivé là », a-t-il lancé.

Depuis le début de cette semaine, la route nationale numéro 2 au niveau du Bicentenaire et de Martissant, qui relie cinq départements du pays, est impraticable. Malgré plusieurs opérations, les forces de l’ordre ont du mal à venir à bout du gang armé qui se fait appeler « 5 Segonn ». Lors de l’opération de ce vendredi 12 mars, la police nationale a essuyé une sérieuse perte en vie humaine, en matériel. Un véritable fiasco, selon plus d’un.



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