Change et sous-traitance: le président Jovenel Moïse annonce la finalisation d’une solution gagnant-gagnant

Publié le 2020-11-12 | Le Nouvelliste

Le président Jovenel Moïse, dans un entretien accordé au Nouvelliste, jeudi 12 novembre, au Palais national, a indiqué que l’exécutif était en passe de finaliser une solution gagnant-gagnant pour les ouvriers et les investisseurs du secteur textile qui ont brandi le spectre de licenciements massifs d’ouvriers à cause de la brusque appréciation de la gourde par rapport au dollar en l’espace de deux mois.

« Je crois que nous sommes proches à 80 % d’une solution », a-t-il dit, soulignant que le Premier ministre Joseph Jouthe, le ministre de l’Économie et des Finances Michel Patrick Boisvert « sont sur une bonne route ».

Interrogé sur les modalités et s’il est envisagé ou non de permettre à la sous-traitance de vendre ses dollars plus cher que les taux pratiqués sur le marché des changes, le président Moïse a confié qu’il ne croyait pas que c’est ce qui sera fait. L’option envisagée devra permettre aux « ouvriers de ne pas sentir le choc et aux investisseurs de sortir du rouge », a expliqué le président Jovenel Moïse, qui a rapporté avoir eu une visioconférence avec le président de SAE, grande compagnie coréenne qui a des usines et des milliers d’employés en Haïti, qui était très inquiet.

Le ministre de l'économie et des finances, Michel Patrick Boisvert, joint par le journal en fin de soirée a expliqué «qu'une partie du salaire des ouvriers sera prise en charge par l'Etat au titre de subvention accordée au secteur». « On a un accord de principe sur la stratégie, le montant reste à déterminer», a poursuivi le MEF, interrogé sur le pourcentage du salaire des ouvriers de la sous-traitance textile que l'Etat est en passe de payer.

 Le président de l'association des industries d'Haïti (ADIH), Wilhelm Lemke a confié au journal « qu'une proposition du ministère a été reçue et discutée hier matin au MEF...  Les pourparlers se poursuivent au plus haut niveau. Une solution devrait être conclue».

Avant ces évolutions, le secteur de la sous-traitance textile a exprimé ses craintes de licenciements massifs à cause de la brusque appréciation de la gourde par rapport au dollar.

 « Nos patrons sont nerveux à cause des incertitudes en Haïti où il n’y a pas de prévisibilité. Cette appréciation rapide de 50 % de la gourde par rapport au dollar est sans précédent dans le monde », avait confié au journal, fin octobre 2020, Giri Chandrasena, manager général de MAS AKANSYEL, une entreprise qui produit, entre autres, des équipements sportifs pour de grandes marques dans le monde.         

Sans détour, Zadok Min, président de S and H Global, avait indiqué que, « pour avoir du succès, le taux de change doit être à 115 gourdes pour 1 dollar ». « Pour survivre et tenir, le taux doit être à 110 », avait poursuivi le responsable de cette entreprise coréenne qui a créé 11 500 emplois au parc industriel de Caracol. Il a souligné qu’avec un écart de 50 % du taux de change en moins de deux mois, il était difficile de planifier. Que le taux de change soit à 60 gourdes ou à 100 gourdes, il est important d’avoir de la stabilité pour prévoir et planifier, a soutenu Zadok Min.                               

Préoccupé lui aussi des conséquences de cette appréciation brusque de 50 %, Anibal Capellan de Codevi, 14 000 emplois et des installations sur 1,4 million de mètres carrés, a indiqué que pour croître, il faut de la stabilité. Les investisseurs sont effrayés, avait-il concédé, soulignant que cette crise plombe un momentum qui devrait permettre à Haïti d’attirer les entreprises taïwanaises du secteur textile qui quittent la Chine.                                  

Le coordonnateur général du CNOHA, Dominique St-Eloi, croit de son côté que la menace de licenciements massifs est un argument des patrons du secteur textile. Quand le dollar s’appréciait, ils n’avaient pas donné d’augmentation aux ouvriers alors qu’ils engrangeaient des profits sur le taux de change, avait indiqué mi-octobre le syndicaliste.

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