Jovenel Moïse décrète trois jours de deuil national en hommage au bâtonnier Monferrier Dorval assassiné

Publié le 2020-08-31 | Le Nouvelliste

Le président Jovenel Moïse a invité le pays à observer trois journées de deuil national pour saluer la mémoire de Me Monferrier Dorval, bâtonnier de l'ordre des avocats de Port-au-Prince, assassiné en sa résidence vendredi soir. Le deuil débute le 31 août pour prendre fin le 2 septembre prochain. « Les drapeaux seront mis en berne. Les stations de radio et télévision diffuseront de la musique de circonstance », avait précisé samedi le chef de l'Etat, moins de 24 heures après l’assassinat du bâtonnier de Port-au-Prince. Un crime odieux qui a résonné au-delà de nos frontières.

Le président de la République, au cours d’un point de presse au Palais national, a promis que cet acte ne restera pas impuni. « Je veux assurer à la famille de Me Dorval, à sa femme, à ses enfants, à ses collègues et ses amis que les auteurs de ce meurtre seront poursuivis, ils n’auront pas la vie tranquille. Le temps de l’impunité est révolu (...) C’est un crime de trop. Je viens d’assister à un CSPN spécial. On va travailler afin de mettre la main au collet des auteurs directs et intellectuels de ce crime », a indiqué le président Moïse. 

« Je présente mes condoléances à la nation aux familles des victimes des derniers événements. Je pense particulièrement à la famille de Me Monferrier Dorval, tombé sous les balles assassines. Les forces de l’obscurantisme n’ont pas chômé. Ils ont enlevé la parole à Me Dorval », a déclaré le chef de l’État, qui a également dénoncé ceux qui prônent le « culte de la pensée unique ». 

Le président Moïse a dit constater le déclenchement de la machine de l’insécurité au cours des dernières 48 heures. « On a assassiné un entrepreneur à Lalue, un journaliste à Pétion-Ville, un propriétaire de night-club et le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Port-au-Prince. C’en est assez. Nous allons permettre à la justice et à la police de trouver les moyens forts et nécessaires pour faire leur travail, pour arrêter les bandits et les auteurs intellectuels de ces crimes », a-t-il promis. 

Par ailleurs, Jovenel Moïse est revenu sur l’engagement de Me Monferrier Dorval pour la réforme constitutionnelle. Il a évoqué ses échanges avec le désormais défunt sur la question. « Notre dernière conversation remonte au 27 août dernier. On a passé environ 15 minutes au téléphone. Il m’a dit que le pays a besoin d’une nouvelle Constitution. Il m’a également suggéré les expertises dont aura besoin le comité indépendant et multidisciplinaire qui devra travailler sur le texte », a-t-il révélé. 

Plus loin, le président de la République a indiqué à « ceux qui ont assassiné Me Dorval » qu’ils « ne peuvent pas arrêter le cours de l’histoire ». « Vous avez tué un homme mais vous ne pouvez pas tuer une idée. Celle de Me Dorval prend corps. Je le redis, on ne peut se complaire dans un silence complice et laisser aux forces ténébreuses le soin de conduire le pays vers le précipice. L’État doit stopper la vitesse de ces forces ténébreuses », a-t-il ajouté, appelant la société à s’opposer à l’obscurantisme et l’intolérance.

Ses derniers articles

Réagir à cet article