Covid-19, taux de change, insécurité, fin de mandat : un cocktail explosif

Publié le 2020-06-16 | Le Nouvelliste

Haïti est à la croisée des chemins. Comme à la veille d’une tempête de haute intensité, les prévisions pour les prochains mois ne sont pas du tout rassurantes sur le plan socio-politique. Tous les paramètres considérés laissent croire que le pays est dans l’œil du cyclone. Déjà, les débats se focalisent sur la fin du mandat du président Jovenel Moïse le 7 février 2021, soit dans environ huit mois. 

Si l’opposition et ses alliés espèrent se réveiller sans Jovenel Moïse au pouvoir le 8 février 2021, le successeur de Michel Martelly et ses alliés lisent la Constitution avec d’autres yeux. Ils se voient au pouvoir jusqu’au 7 février 2022. Une nouvelle pomme de discorde entre les acteurs politiques haïtiens, qui s’entendent rarement sur l’avenir de la nation, est entrain de grossir. 

Rien ne montre que le pays peut donner une réponse institutionnelle à cette épineuse question. Voilà un nouveau sujet d’inquiétude qui s’ajoute aux multiples tourments de notre quotidien.

A ce nouvel épisode de notre crise politique qui se profile à l’horizon s’ajoute la dégringolade de la gourde. Depuis l’arrivée de Jovenel Moïse au pouvoir, la dégringolade de la gourde par rapport au dollar américain est constante. Les solutions proposées par les autorités politiques et économiques n’ont jamais eu d’effet. Il semble que l’administration Moïse/Jouthe n’a aucune alternative pour stopper l’hémorragie. Visiblement, le gouvernement en place n’a ni l’envie ni la capacité d’adresser le problème. Entre-temps, le pouvoir d’achat de la population se réduit chaque jour un peu plus. La pauvreté gagne du terrain. La peur du lendemain colonise les esprits, même ceux des plus optimistes.

La promesse du président Jovenel Moïse de mettre de la nourriture dans les assiettes et de l’argent dans les poches, plus de trois ans après sa prise de fonction, n’est toujours pas tenue. Ou du moins pour la majorité de la population haïtienne. 

On parle aujourd’hui de 4,1 millions d’Haïtiens (40 % de la population totale) en situation d’insécurité alimentaire. Le président Jovenel Moïse est pourtant chanceux de n’avoir enregistré aucune catastrophe naturelle majeure depuis sa prise de fonction.

A côté de la décote presque quotidienne de la gourde, il y a l’insécurité qui n’arrange pas les choses. Partout dans le pays, surtout dans les grandes villes, les bandits imposent leur loi. A Port-au-Prince, en dépit des menaces ou promesses des autorités de rétablir l’ordre, les bandits continuent leurs activités au su et au vu de tous. Des quartiers échappent encore au contrôle de la Police nationale d’Haïti qui vient de commémorer ses 25 ans dans un contexte de crise. Quant aux Forces Armées d’Haïti remobilisées, on ne sait pas ce qu’elles sont devenues. Elles sont peut-être en confinement à cause du coronavirus. Entre-temps, dans les quartiers huppés comme dans les bidonvilles, les bandits sèment le deuil.

C’est dans ce contexte que le pays doit redoubler d’efforts pour combattre la pandémie du coronavirus qui gagne du terrain. Si jusqu’ici la maladie n’a pas provoqué l’hécatombe craint, ce n’est pas une raison de la minimiser. Surtout que le coronavirus reste encore imprévisible. 

Il est de la responsabilité des autorités constituées de trouver les voies et moyens pour faire face aux conséquences du coronavirus, pour éviter que le pays ne sombre dans une nouvelle crise politique, et garantissent la sécurité des vies et des biens, entre autres. 

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