Eddy François à l’Uniq : un festival dans le festival

PUBLIÉ 2020-01-27



Il s’est fait rare en Haïti ces derniers temps. Je n’ai pas le souvenir de l’avoir vu à l’affiche au cours des trois dernières années. Je ne vous dis donc pas mon excitation lorsque j’ai su qu’il allait prendre part à la 14e édition du PapJazz cette année. C’est donc avec enthousiasme que je me suis rendue le 24 janvier dernier à l’Université Quisqueya où Jasmin Ghent et Eddy François étaient à l’affiche. Sachez donc que je suis tout à fait satisfaite de cette première fois à voir Eddy chanter.
La première observation est la suivante : la puissance vocale est toujours là. La voix que j’ai l’habitude d’entendre dans les chansons gravées sur les disques est la même. Pas de déchets et un bonheur pur. Ce ne sont certainement pas les dizaines de personnes réunies dans la cour de l’Uniq qui diront le contraire. En effet, l’assistance semblait suspendue aux notes de l’icône de la tendance racine. Il faut dire qu'Eddy s’est investi pour ce spectacle. Dès son apparition sur scène, on note qu’une star a pris possession du stage. Lunettes noires, veston frappé de paillettes multicolores, pantalon blanc et coiffé d’un béret posé sur ses locks, ainsi est apparu l’auteur de « Ede m chante ».
Du haut de sa trentaine d’années de carrière, Eddy François n’a rien perdu de sa présence sur scène. Effort de la conjoncture ou réelle connexion avec sa terre natale, l’homme aux locks a évoqué la mort terrible du policier Gaudy Salomon et de sa fille en uniforme jeudi dernier. Il a, en ce sens, interprété une chanson afin de souhaiter que la paix jaillisse sur le pays. Tout au long de son passage à l’Uniq, l’homme n’a pas cessé de claironner qu’il est le fils d’Haïti : « Pitit tè a m ye ». L’homme à qui la cinquantaine va bien, a fini son spectacle pieds nus et en T-shirt... Cela dit beaucoup sur l’intensité de sa prestation.
Parce qu’il a laissé une bonne majorité de ses morceaux les plus populaires pour la fin de sa prestation, la jeune génération présente pour le voir ne connaissait pas forcément ses textes. Ce n’est pas ma collègue Sindy qui dira le contraire. Toutefoist, le vibe et l’émotion du chanteur connu pour son engagement ont su toucher toute l’assistance. "Ede m chante", "Mizè pèp sa" ou encore "Kè m pa sote" sont parmi les chansons avec lesquelles le natif de Cap-Haïtien a su créer une ambiance festive pour la dernière soirée de spectacle gratuit réalisée dans le cadre de la 14e édition du PapJazz.
 



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