Le crédit, la prochaine bombe

Publié le 2019-07-31 | lenouvelliste.com

Depuis que la Banque de la République d’Haïti (BRH) a resserré les conditions d’accès au crédit en augmentant les taux directeurs sur les bons BRH, les banques suivent le mouvement et appliquent des augmentations substantielles pour couvrir les 10 points de pourcentage appliqués par la banque des banques.

Les taux d’intérêt sur les bons BRH qui donnent le « la » à l’économie sont passés de 6%, 8% et 12% à 10%, 14% et 22% sur les maturités de 7, 28 et 91 jours respectivement.

Pour suivre le mouvement, dans certains cas, les crédits à la consommation se voient frappés par des taux de 4,40 % ou 4,16 % par mois. De quoi décourager tout détenteur d’une carte de crédit. Des lignes de crédit affrontent des taux allant jusqu’à 36% l’an. Même les crédits hypothécaires doivent supporter du 22 % l’an. Dans les mois qui viennent, si rien n’est fait, tous les crédits seront concernés par ces “taux mortels”, comme les qualifie un banquier.

Heureusement pour les autorités, peu d’Haïtiens détiennent un crédit bancaire. Peu de nos concitoyens sont directement concernés par les avis que les banques distribuent ces derniers jours pour avertir qu’à partir du mois d’août le crédit sera plus cher et les mensualités plus élevées.

Peu d’Haïtiens sont dans le système formel des prêts, mais ne nous méprenons pas, tous les Haïtiens vont ressentir les conséquences de l’appréciation des taux.

Tous les produits, tous les services vont voir leurs prix s’envoler. La vie chère et la misère vont s’étendre pour que le gouvernement garde l’illusion que la gourde est stable et ses désordres sans conséquences pour l’économie.


Le crédit est une bombe que l’administration Moïse vient d’amorcer. Le compte à rebours est lancé. On verra bientôt les conséquences. D’autant plus que ce n’est ni la première ni la seule bombe que le président Jovenel Moïse et ses équipes ont placé dans l’avion national.



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