La circulaire 113 ne résoudra pas tous les problèmes de l’agriculture

La circulaire 113 est un outil destiné à inciter les acteurs de toute la chaîne de valeur du secteur agricole à relancer la production sur l’ensemble du territoire. Elle vise à faciliter l’accès au crédit aux entrepreneurs du secteur agricole à des taux d’intérêt ne dépassant pas 6% l’an. Pour le président du conseil de la Chambre d’agriculture et des professions d’Haïti (CHAGHA), Érick Balthazar, il s’agit là d’un pas de géant dans la bonne direction. Mais, croit-il, en amont, d’autres mesures doivent être prises afin d’amorcer définitivement le développement de ce secteur.

Publié le 2019-03-13 | Le Nouvelliste

Le financement demeure, depuis des décennies, l’un des principaux freins au développement de la production agricole en Haïti. Dans ce secteur, les investissements se font dans une grande proportion par les agriculteurs eux-mêmes ? La cause : le secteur est trop à risque. Ce qui explique qu’un faible pourcentage des portefeuilles de crédit des banques et autres institutions financières soit alloué au développement de l’agriculture. La circulaire 113 prise par la Banque de la République d’Haïti (BRH) est de nature à changer la donne. Les tenants de ce mécanisme projettent déjà le développement de ce secteur dans les années à venir, oubliant que le problème de financement n’est qu’un frein parmi tant d’autres.

Avec cette circulaire, il est évident qu’il y aura plus d’investissements dans la chaîne de la production agricole. Ce mécanisme prévoit des prêts allant jusqu’à l’équivalent en gourdes de quatre millions de dollars américains. Les taux d’intérêt annuels à moyen et à long terme ne dépassent pas 6%, ce qui est une bonne chose pour un secteur qui a du mal à se relever.

Pour l’instant, l’argent est disponible. Tout agriculteur moyen peut avoir accès au projet. Comment opérationnaliser un tel projet afin que le crédit soit effectivement disponible dans les différents recoins du pays? La BRH ne peut pas le faire. Malgré les garanties de l’État haïtien, le risque du secteur ne se dissipe pas. Le président du conseil de CHAGHA, Érick Balthazar, croit que le sentier n’est pas encore assez aplani. Il faut arriver à un niveau où l’investissement est protégé par les deux parties. La garantie pour le prêteur et l’assurance pour l’emprunteur.

Pour le moment, on est loin de là. Les problèmes techniques, les formes de subvention octroyée dans l’agriculture, l’accès à l’eau et aux intrants de qualité, les politiques d’incitation accompagnant la circulaire sont autant de points à aborder si l’on veut insuffler un nouveau souffle à ce secteur. M. Balthazar croit qu’il est inconcevable que l’État continue à percevoir 27% de taxe sur les pompes d’irrigation. Car augmenter la production agricole est tributaire de la modernisation du secteur. L’accès au crédit est un bon début dans ce processus. Mais ce qu’il faut retenir, ajoute le président du conseil de CHAGHA, est qu’il faut plus que les matériels aratoires pour y arriver.

En fait, pour que la circulaire ait l’effet escompté, le responsable soutient qu’il faut mieux coordonner les mesures y relatives. « Il faut les insérer dans un cadre global », affirme-t-il. Dans ce cas, les dispositions à prendre doivent tenir compte de tous les paramètres relatifs à la production sans négliger le circuit de commercialisation. C’est le prix à payer pour arriver à une agriculture qui attire les investisseurs.

Le développement de l’agriculture ne se fera pas de façon magique. Le fait de prendre une telle circulaire montre que l’État commence à comprendre qu’on ne peut plus laisser la sécurité alimentaire du pays aux mains nues des braves paysans et petits producteurs, sans accès au financement, tributaires de la pluie.  Ce temps est révolu. L’on attend pour le moment la pleine application de cette circulaire. La balle est dans le camp des banques et institutions financières concernées par la mesure.  

  

Jose Flecher
Auteur
Ses derniers articles

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".