Séisme/Commémoration officielle

12 janvier : offrande florale à Saint-Christophe, pas plus pour le moment…

Publié le 2019-01-09 | Le Nouvelliste

Pour commémorer les neuf ans du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui avait fait plus de 200 000 morts et détruit une bonne partie de Port-au-Prince, le gouvernement prévoit tout simplement de procéder à une offrande florale à Saint-Christophe où la plupart des personnes tuées par le séisme ont été enterrées.

Aucune annonce officielle du gouvernement à environ 24 heures du 12 janvier qui marquera les neuf ans du puissant tremblement de terre qui avait mis le pays à genoux. Contacté mercredi par Le Nouvelliste, le ministre de la Culture et de la Communication a brièvement fait savoir au journal que le gouvernement procédera à une offrande florale à Saint-Christophe à 10 heures du matin. Pas plus ! En tout cas, pour le moment.

Le 12 janvier dernier au Palais national, le président de la République avait procédé à la pose de la première pierre pour la reconstruction du Palais national, détruit lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010.

La présidence avait aussi rappelé les dispositions d’un arrêté qui avait consacré le 12 janvier de chaque année journée nationale de réflexion et de sensibilisation à la vulnérabilité d’Haïti face aux risques et désastres.

Selon l’arrêté du 28 décembre 2016 relatif à la commémoration du 12 janvier en son article 1, le 12 janvier de chaque année est déclaré journée nationale de réflexion et de sensibilisation à la vulnérabilité d’Haïti face aux risques et désastres. « À l’occasion de cette journée, des programmes de sensibilisation, d’information et de formation seront organisés à l’échelle nationale par les différentes institutions publiques et privées, notamment par les écoles et les universités, sur les comportements et les mesures à adopter avant, pendant et après les catastrophes naturelles en vue de la protection des vies et des biens », prévoit l’article 2.

Le gouvernement avait invité les institutions publiques et privées à mettre le drapeau national en berne, les discothèques et autres établissements assimilés à rester fermés et les stations de radio et de télévision étaient invitées à programmer des émissions et de la musique de circonstance.

Parallèlement aux activités officielles, des organisations, associations et groupes religieux prévoient, comme chaque année, de marquer cette date avec des jeûnes de prière, des conférences-débats, des marches, des concerts, entre autres.

Le géologue Claude Prépetit, le premier à avoir attiré l’attention sur les risques d’un tremblement de terre, neuf ans après, estime que le pays n’a pas encore bien compris ce qui s’était passé le 12 janvier 2010. « Il n’y a pas eu un consensus autour des dégâts, ni un mea culpa… », a-t-il dit au Nouvelliste. Toutefois, il reconnait que neuf ans après, il y a plus de connaissances sur le phénomène.

Ce qui, a-t-il souligné, ne veut pas dire que nous avons changé de comportement en ce qui concerne les constructions. Il y a des efforts qui ont été faits dans les constructions, « mais on ne peut pas dire qu’il y a une prise de conscience chez une masse critique. La grande majorité n’a pas changé de comportement », a-t-il affirmé.

Selon le géologue et directeur général du Bureau des mines et de l’énergie (BME), on n’est pas encore en mesure de dire quelle serait l’étendue des dégâts si le pays devait être à nouveau frappé par un tremblement de terre comme celui de 2010. Il a fait remarquer que le séisme qui a touché le Nord-Ouest en octobre 2018 était 35 fois moins fort que celui du 12 janvier 2010. Pourtant, il a fait des dégâts.

L’ingénieur Claude Prépetit a rappelé que le pays est toujours sous la menace d’un tremblement de terre. Pour 2018, le pays a enregistré une cinquantaine de secousses de magnitude comprise entre 2.8 et 5.9. Et la terre va continuer à trembler sous nos pieds…

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